Cameroun/Sénégal: Délocalisation de stade à partir des quarts de finale - Japoma, l'autre bataille du Cameroun

21 Janvier 2022

(BAFOUSSAM) - Le Cameroun, pays de passionnés de football, mais aussi pays de football se soutiendra pendant longtemps de la 33eme édition de la coupe d'Afrique des nations qui se déroule présentement sur son territoire. Et pour cause, les autorités ont du mal à avoir la tête de la fête. Reportée à deux reprises pour des raisons de "glissements" et autres "conditions météorologiques", la CAN 2021 a failli même être tout bonnement annulée. Heureusement que certains membres du Comité exécutif ont freiné des quatre fers la volonté de la FIFA sous la pression de l'Association des clubs européens (ECA) qui a brandi honteusement l'armée de la covid-19 pour ne pas libérer les joueurs africains.

L'élection du président de la FIFA étant en ligne de mire parce que prévue en 2023, le Président Gianni Infantino qui va certainement briguer un troisième mandat, décide de s'asseoir les textes relatifs à l'obligation faite aux clubs employeurs de libérer les joueurs pour leurs équipes et de couper la poire en deux.

Les internationaux évoluant en Europe seront ainsi maintenus jusqu'au 3 janvier. Une décision lourde de conséquences parce qu'elle va tronquer la programmation de certaines sélections, notamment celle du Sénégal qui sera tout bonnement obligée de supprimer l'étape de Kigali au Rwanda. Elle débarquera à Bafoussam sans le moindre match amical. Mais au delà de la détermination des certains membres du ComEx de la Caf dont le président Patrice Motsepe, le Chef de l'état, Paul Biya a aussi pesé de tout son poids en refusant catégoriquement l'annulation de sa CAN. Biya, a montré selon certaines indiscrétions qu'il n'est pas doyen des chefs d'état africains pour rien.

Pour la première fois dans l'histoire, un gouvernent se désolidarise d'avec un de ses compatriotes siégeant au ComEx de la Caf. Il s'agit du Burkina Faso. Au Sénégal, la sortie du président de la République, Macky Sall en dit long sur la détermination de l'Afrique de veiller sur la sauvegarde de la CAN. "Si c'était le Sénégal, je vais organiser la CAN", avait lancé le chef de l'état sénégalais, ulcéré certainement par le jeu de yoyo qui a entouré cette édition qui devait se tenir depuis 2017.

Au coup d'envoi, l'Afrique toute entière, va pousser un énorme ouf de soulagement. Cette CAN camerounaise qui était en passe de devenir une arlésienne s'est tenue. Mais le pays de Samuel Eto'o fils n'est toujours pas au bout de ses peines. De son stress.

Décision actée mais qui tarde à être officialisée

En effet, après la bataille contre la FIFA, certaines membres d'une ComEx de la Caf inféodés au président Gianni Infantino, des clubs employeurs etc., voilà que surgit un autre problème: la délocalisation des quarts de finale initialement prévues à Douala, la capitale économique vers Yaoundé, la capitale politique et administrative. Selon plusieurs médias, le Comité exécutif de la Caf s'est réuni dans ce sens et aurait même acté la décision. Paradoxalement, elle tarde encore à être officialisée. "Rien n'est encore officiel", confie à Sud Quotidien, un membre de la Direction de la communication de la Caf. Un autre responsable de la Caf soutient "qu'un seul match des quarts sera délocalisé". Lequel ? Mystère et boules de gomme !

Eto'o aurait opposé son refus

Selon d'autres indiscrétions, le président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) nouvellement élu, Samuel Eto'o Fils, aurait opposé une fin de recevoir à cette décision du comité exécutif de la Caf. Ce qui a débouché sur un blocage. "Les négociations se poursuivent. Il est vrai que l'état de la pelouse est décrié. Mais, les autorités ne veulent pas subir un tel camouflet", confie un confrère camerounais qui souligne la rivalité tenace entre Douala et Yaoundé.

Mais il n'y a pas que ça. Le Cameroun a investi plus de 500 milliards de F CFA pour une compétition prévue sur cinq villes (Yaoundé, Douala, Limbe, Bafoussam et Garoua) et dans six stades au total (deux dans la capitale Yaoundé). Quatre stades flambants neufs sont sortis des terres et deux autres rénovés aux normes de la FIFA. Sans occulter les 13 milliards de FCFA débloqués rien que pour les frais de l'organisation. Ce qui est estimé à 2% du PIB du pays.

Le Cameroun tient donc à rentabiliser sa CAN. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'aucune compagnie aérienne n'est autorisée à descendre ailleurs qu'à Douala et à Yaoundé. Pour desservir les autres sites, les passagers sont obligés de voyager avec la compagnie nationale Camair-Co. Même la CAF l'utilise pour acheminer les équipes nationales à Bafoussam, Limbe ou Garoua. Reste maintenant à savoir si le Cameroun va remporter cette nouvelle bataille contre la délocalisation des matches des quarts de Douala à Yaoundé. Ce qui sera loin d'être une première dans une phase finale de coupe d'Afrique des nations. En Guinée Équatoriale, les quarts de finale d'Ebebiyin et de Mongomo de la CAN 2015 avaient été relocalisées

AllAfrica publie environ 700 articles par jour provenant de plus de 100 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.

X