Madagascar: Téléphérique à Tanà - L'opportunité du projet remise en cause par un autre sénateur français

Patrick Chaize, sénateur Les Républicains de l'Ain en Auvergne-Rhône-Alpes, se pose la question sur l'opportunité du prêt du gouvernement français à Madagascar pour financer le projet téléphérique que le régime va réaliser.

Un parlementaire de plus qui va, visiblement, gêner l'exécutif français sur le prêt accordé par le Trésor public français au bénéfice de la réalisation de lignes téléphériques à Madagascar. Le projet, qui fait déjà beaucoup de polémiques, ne fait pas non plus l'unanimité au niveau des dirigeants français. Avec les actions de Patrick Chaize, sénateur français du groupe Les Républicains, qui aborde, en effet, le sujet au Sénat français, le projet est davantage tiré vers le bas contrairement à ce que souhaitent les autorités qui défendent une innovation.

Patrick Chaize s'est donc posé la question sur " l'opportunité de la réalisation d'un tel projet d'envergure dans un contexte socio-économique très délicat ". Il a, en effet, interpellé le ministre français de l'Économie, des Finances et de la Relance, Bruno Le Maire, dans une question écrite, comme le veut la procédure parlementaire dans l'hexagone, publiée dans le jour officiel du Sénat français le jeudi dernier. " Patrick Chaize appelle l'attention de Monsieur le ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance sur le projet de transport par câble aérien prévu dans la capitale de l'île de Madagascar, à Antananarivo ", lit-on dans le texte.

Opportunité. Le régime a déjà musclé son discours sur ce projet face à une flambée de critiques. Mais ailleurs, d'autres voient mal l'opportunité d'une telle entreprise. " Reconsidérer l'engagement de l'État français " dans ce " projet qui est démesuré et qui ne constitue en rien une priorité, comparé à l'intérêt que comporterait la mise en œuvre urgente de mesures indispensables au quotidien de nombreux habitants ". Tel sera la ligne défendue par ce parlementaire français de l'Ain en Auvergne-Rhône-Alpes concernant le projet téléphérique du gouvernement malgache.

Il remet alors en cause l'accord de financement signé par les gouvernements français et malgaches, concernant un prêt à hauteur de 152 millions d'euros fourni par le Trésor public français et garanti par la banque publique d'investissement France Export. En plus, " le remboursement de son financement serait une charge lourde pour les générations futures et, de manière plus immédiate, pour les habitants des autres régions de l'île, qui n'en bénéficieraient pas ", estime alors Patrick Chaize.

Inégalité sociale. D'autant plus, toujours selon ce dernier, le projet " n'améliorerait donc pas - ou si peu - la circulation dans la ville " et " sa mise en œuvre engendrerait la consommation d'une grande partie des capacités électriques, déjà insuffisantes, du pays ". " Sa réalisation n'aurait donc pour effet que d'aggraver l'inégalité sociale, de défigurer irrémédiablement la ville d'Antananarivo, de lui fermer la possibilité de postuler pour être inscrite dans la liste des patrimoines communs de l'humanité, d'endommager des sites cultuels, culturels, patrimoniaux et sociaux de l'île et d'affaiblir enfin toute l'affection que les habitants de ce pays portent à la France et aux Français ", a-t-il toujours soutenu. Et pour ce sénateur français, les priorités devraient être revues de façon à " réduire l'extrême pauvreté, permettre l'accès de tous à la nourriture et aux énergies, favoriser l'accès à l'éducation primaire, lutter contre l'insécurité, améliorer la santé maternelle ".

Abandon. Cette question de Patrick Chaize rejoint alors celle de Pierre Laurent qui, lui, a, déjà, adressé une lettre à Bruno Le Maire, en décembre dernier, toujours à ce sujet de projet de téléphérique à Madagascar. Ce sénateur français de Paris, membre du groupe parlementaire communiste républicain citoyen et écologiste, voit " un projet scandaleux ". Il demande alors au ministre français de l'Économie, d' " abandonner le projet " auquel le trésor français s'est déjà engagé pour emprunter au gouvernement malgache un budget de 152 millions d'euros pour financer le projet de transport par câble. Cette manne financière devrait être " consacrée à un projet plus adapté aux besoins urgents de la population malgache ", estime alors Pierre Laurent.

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