Afrique: La résistance aux antibiotiques, un fléau mondial caché, touche particulièrement l'Afrique subsaharienne

Rome — De plus en plus d'infections, comme la pneumonie, la tuberculose, les infections sanguines et la gonorrhée, sont devenues plus difficiles, voire impossibles, à traiter en raison de la résistance aux antimicrobiens (RAM). Ces dernières années, un large éventail d'antibiotiques s'est donc révélé inefficace pour traiter les patients.

Selon une étude récente publiée dans la revue Lancet, 1,5 million de décès par an sont directement attribuables à la RAM, ce qui en fait l'une des principales causes de décès dans le monde, devant des maladies comme le VIH/sida ou le paludisme.

L'Afrique subsaharienne - selon l'étude - est la région la plus touchée par la RAM, avec 255 000 décès attribuables à la résistance aux médicaments en 2019. Environ la moitié du total des décès concerne des enfants de moins de cinq ans.

Dans toute la région, il existe plusieurs facteurs de résistance aux antimicrobiens, le mauvais usage et/ou la surconsommation d'antibiotiques pour les patients, les animaux et la production alimentaire jouant un rôle central. Dans de nombreuses régions d'Afrique, les antibiotiques de première intention peuvent être facilement achetés sans ordonnance dans des points de vente légaux ou illégaux. En outre, les systèmes de santé manquent d'outils de diagnostic adéquats et d'antibiotiques de deuxième intention efficaces et de qualité garantie, ce qui signifie que les médecins et les infirmières ne peuvent pas traiter les infections courantes.

La résolution de ce problème passe par une meilleure gestion des traitements antimicrobiens, en élargissant l'accès aux antibiotiques vitaux là où ils sont nécessaires et en minimisant leur utilisation là où ils ne sont pas nécessaires. Il est également nécessaire de lutter contre les infections au niveau national et au sein des différents hôpitaux, et d'investir dans le renforcement des infrastructures de santé du continent afin que les infections puissent être stoppées et traitées avant qu'elles ne menacent la vie des patients.

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