Afrique: CAN 2021 - Le Cameroun qualifié, les Comores héroïques, la CAF décrédibilisée, la compétition endeuillée

Amoindries mais valeureuses, les Comores ont perdu avec les honneurs face au Cameroun à l'issue d'une journée marquée par les éléments contraires et ponctuée par une bousculade meurtrière.

Huit personnes ont perdu la vie, lundi soir, dans un mouvement de foule à l'entrée du stade d'Olembé, à Yaoundé, en marge du huitième de finale entre le Cameroun et les Comores. Et plusieurs dizaines de blessés sont à déplorer.

Une enquête a été diligentée par les autorités locales, à la demande expresse de la présidence camerounaise. Et la Confédération africaine de football (CAF) se réunissait le 25 janvier dans la matinée.

Après une fusillade qui avait fait plusieurs blessés à Buea, ville de l'ouest du Cameroun où avaient lieu les entraînements des équipes évoluant à Limbé, le drame d'Olembé endeuille la compétition.

Ce tragique événement pousse à relativiser le résultat et le contexte du match qui a opposé, dans la soirée, les Lions indomptables du Cameroun et les Coelacanthes des Comores. Le Cameroun s'est finalement imposé 2-1 mais sans briller face aux néophytes comoriens.

Pourtant, on se demande bien comment les Comoriens pouvaient franchir l'obstacle camerounais au vu des éléments défavorables qui se sont accumulés : samedi 22 janvier, douze membres de l'équipe étaient testés positifs au covid-19, dont le sélectionneur Amir Abdou et les deux gardiens valides, Ousseini et Ahamada (Ben Boina, héros du match face au Maroc, a été blessé à l'épaule par le Ghanéen André Ayew).

L'espoir renaissait lundi matin lorsque le test PCR d'Ali Ahamada se révélait négatif. Rétabli, l'ancien Toulousain pensait pouvoir tenir son rang pour ce match historique pour son pays.

Las, la CAF faisait savoir à la délégation comorienne qu'un délai de cinq jours, avec isolement, devait être observé avant d'effectuer un nouveau test, préalable à un retour sur les terrains.

Un coup de massue pour les Comores, qui pouvaient légitimement ressentir un sentiment d'injustice : jusqu'alors, et à plusieurs reprises, ce délai était de 48 heures. D'ailleurs, dimanche, la Tunisie avait bénéficié d'un traitement plus favorable, puisque Jebali, Bronn et Kahzri avaient pu figurer sur la feuille de match face au Nigeria, malgré des contrôles positifs le 18 janvier.

Les Comores, également privées de plusieurs joueurs de champ (les milieux Nakibou Aboubakari, Yacine Bourhane, l'attaquant Mohamed M'Changama, et les défenseurs Kassim Abdallah et Alexis Souahy), allaient ensuite connaître une nouvelle " mésaventure " : sans l'escorte réglementaire, le bus comorien a été ralenti dans les embouteillages et une vidéo a circulé sur les réseaux sociaux montrant les joueurs comoriens se préparer dans le bus.

Les Diables rouges du Congo de 2015 se souviendront d'avoir vécu le même type d'acte anti-sportif à Bata, avant le match d'ouverture : le bus de la délégation avait été bloqué pendant 45 minutes à quelques encablures du stade.

Pas idéal pour jouer le match de sa vie, surtout pour Chaker Alhadhur, le latéral choisi pour évoluer entre les perches. Co-équipier de Bevic Moussiti Oko à l'AC Ajaccio ( une seule apparition en L2 cette saison), le latéral est passé de l'anonymat à la postérité grâce à sa prestation héroïque.

Battu sur la première frappe camerounaise (Toto Ekambi, 29e mn), où ses limites au poste ont été évidentes, Alhadhur a réalisé une double parade époustouflante face à Aboubakar et Ngamaleu à la 53e mn. Hélas pour les joueurs de l'archipel, Vincent Aboubakar allait avoir le dernier mot à la 70e mn.

Mais la qualification aura été laborieuse pour les Lions indomptables, qui ont évolué à onze contre dix depuis l'expulsion logique du capitaine Abdou pour une semelle aussi dangereuse qu'involontaire sur Ngamaleu (7e mn).

En infériorité numérique, les Coelacanthes ont été valeureux et ont permis à Onana de se mettre en valeur avec une double parade magnifique sur deux tirs successifs d'Ahmed Mogni et Youssouf M'Changama (32e mn). Puis un magnifique réflexe sur une frappe puissante de Ben El Fardou (79e). En revanche, le portier de l'Inter Milan n'a rien pu faire sur le magnifique coup-franc de M'Changama à la 81e minute. Un bijou qui devrait rester dans le top-but du tournoi.

Insuffisant pour gagner le match. Mais assurément, cette belle équipe des Comores a gagné les cœurs de tous les suiveurs de la compétition. Quant au Cameroun, il devra faire beaucoup mieux pour gagner " sa " Coupe d'Afrique des nations.

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