Bénin: Mécontentement et récriminations chez les Béninois après la validation de 25 nouvelles taxes

Les marches de protestation contre les nouvelles taxes à Cotonou, au Bénin, le 25 janvier 2022.

Cotonou — "Il faut payer des taxes même pour les funérailles et quand on va à la banque"

Au Bénin, les députés ont adopté un nouveau code général des impôts en remplacement des anciens textes fiscaux, vieux de plus d'un demi-siècle.

Le code modifié impose une vingtaine de nouvelles mesures fiscales imposée aux citoyens, aux entreprises, et relatives à l'exercice des activités dans divers secteurs de la vie professionnelle.

Mais les Béninois accueillent ce changement avec mécontentement.

"Pas question de payer plus de taxes alors qu'on arrive à peine joindre les deux bouts", se sont écriés certains Béninois, choqués par les taxes qu'ils doivent payer. Hector Houndji, un entrepreneur, pense que les nouvelles taxes finiront par "achever" sa jeune entreprise.

"Tout a augmenté. Il faut payer des taxes pour les funérailles et quand on va à la banque. Vraiment moi je ne comprends plus rien. On prend les décisions et on les impose. Quand ils prennent les lois c'est pour la population. Mais là rien ne nous arrange. On nous avait parlé d'un mandat hautement social. C'est le hautement social ça?"

Pour beaucoup, le gouvernement manque à sa promesse. Ils dénoncent des mesures qui plongent de plus en plus les populations dans le gouffre du désespoir et de la déception.

"Les taxes sont primordiales dans la vie de chaque pays. C'est cela qui permet de construire un pays. Mais quand le président venait au pouvoir, il nous a dit que même en achetant une mesure de maïs nous avons déjà payé nos taxes ? Où ce n'était que des promesses électorales?", lance Armand Sossou, un ouvrier en BTP.

"Regardez l'énergie , c'est cher actuellement à cause des taxes, mon propriétaire menace d'augmenter le loyer, toujours à cause des taxes. Vous voyez qu'en plus de manger difficilement, nous risquons de nous retrouver pour certains à la rue? Que le président prenne conscience de ce qui se passe".

Alain Sodji, conducteur de taxi moto, pense qu'avec ces taxes dont il doit s'acquitter, il ferait "mieux de garer la moto et vaquer à d'autres occupations".

Devant la polémique, le directeur général des impôts est monté au créneau pour rétablir la vérité et mettre les sociétés qui, sous le prétexte de la création de nouvelles taxes par l'État ont pris des notes de service annonçant l'augmentation des frais des différentes prestations fournies.

Pour Nicolas Yenoussi, "il n'y a aucun lien entre la vie chère et les taxes".

"Ce qui se passe est commun à tous les pays. Lorsque les mesures restrictives ont été levées dans certains pays, tout le monde a voulu commander en même temps. Les fournisseurs étant débordés, le fret a augmenté et les conséquences c'est ce que nous subissons actuellement. Ce n'est donc pas une spécificité du Bénin, tous les pays subissent cette réalité. Les choses rentreront dans l'ordre lorsque la situation sanitaire va s'améliorer. C'est aussi simple que ça", a-t-il déclaré.

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