Afrique: Protection des droits des journalistes - L'Unesco alerte les Etats sur les violences vécues par les médias

La police arrêtant le journaliste de Radio One Saif-llah Ashraf Kasirye (à gauche) dans le district de Luuka, en Ouganda, le 18 novembre.

L'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) a publié, le week-end dernier, un rapport sur les menaces que certaines personnes ainsi que les réseaux sociaux font peser sur la survie des médias, afin d'attirer l'attention des gestionnaires de ces structures d'information.

Le rapport établi entre 2016 et 2021 présente les tendances mondiales en matière de liberté d'expression et le développement économique des médias. Il insiste sur la menace et les conséquences négatives des réseaux sociaux sur leur survie car, selon le document, au cours des cinq dernières années, le public et les revenus publicitaires qui devraient faire vivre les médias ont tous les deux migré en grand nombre vers les plateformes internet.

" Google et Meta/Facebook absorbent désormais environ la moitié de l'ensemble des dépenses publicitaires numériques mondiales, tandis que ces cinq dernières années, les recettes publicitaires mondiales perçues par les journaux ont diminué de moitié ", précise l'Unesco. Elle ajoute que la pandémie de covid-19 a elle aussi aggravé la crise de l'information et amplifié les tendances déjà à la baisse, notamment celles des recettes publicitaires ainsi que les pertes d'emplois et les fermetures de certaines organes de presse. Deux tiers des journalistes sont lésés et sentent que leurs emplois sont devenus plus précaires, en raison des pressions économiques liées à la pandémie.

Les journalistes attaqués partout

Selon cette étude, la sécurité des journalistes est de plus en plus menacée, non seulement par des gouvernements et des groupes criminels, mais aussi par certains citoyens mal intentionnés qui profèrent des insultes et lancent des attaques en ligne.

Pour l'Unesco, trois facteurs contribuent à la violence à l'encontre des journalistes, à savoir l'impunité, le manque de lois fortes pour contrer ces meurtres, les violences en ligne ainsi que les attaques menées contre les journalistes, surtout ceux qui couvrent des rassemblements publics, des manifestations et des émeutes.

Donnant les statistiques liées à l'impunité face aux meurtres, l'enquête précise que de 2016 à 2021 on a recensé les meurtres de quatre cent cinquante-cinq journalistes, décédés soit en raison de leur travail, soit pendant leur travail. Et, près de neuf meurtres sur dix ne sont toujours pas résolus. Quant à la violence, il est révélé que plus de sept femmes journalistes interrogées sur dix l'ont subie en ligne.

" Dans de nombreux pays, les lois ne protègent pas suffisamment les journalistes contre ces menaces. Aussi, dans certains cas, le cadre juridique augmente même les risques qu'ils encourent. Il manque aussi de nouvelles lois capables de sanctionner les actions telles que la diffusion de fausses informations, de rumeurs ou de cyber-diffamation. Alors que, dans certains pays, la diffamation est toujours une infraction pénale, plutôt que civile, ce qui permet de l'utiliser comme motif d'arrestation ou de détention ", ajoute le document en insistant sur le fait que plus d'un million de messages contenant des informations inexactes, peu fiables ou trompeuses circulent actuellement.

Protéger les médias et sécuriser les journalistes

Appelant les gouvernements à prendre des mesures politiques afin de protéger les médias et sécuriser les journalistes, l'Unesco a conclu qu'il faut soutenir la viabilité économique des médias, tout en respectant l'autonomie professionnelle des journalistes. Par exemple, offrir des avantages fiscaux aux organes d'information, développer l'éducation aux médias et à l'information. Ceci, pour apprendre à tous les citoyens le rôle que jouent les journalistes. Car, il leur donne la différence entre des informations fiables et vérifiées et des informations non vérifiées. Pour ce faire, il faut aussi réformer les lois sur les médias afin de soutenir hommes de médias et professionnels de l'information qui ont le droit d'être libres.

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