Niger: Incarcération du ministre nigérien de la communication - Mahamadou Zada rattrapé par ses errements

Prison à Niamey
analyse

Le ministre nigérien de la Communication et des relations avec les institutions, Mahamadou Zada, a été entendu le 19 avril dernier par un juge d'instruction du pôle économique et financier du Tribunal de grande instance hors classe de Niamey puis écroué à la prison de Kollo. L'ex-DG de la Société du patrimoine des mines du Niger (SOPAMIN) paie-t-il pour ses errements?

Tout porte à croire que oui. En attendant de voir l'évolution du dossier, l'on peut dire que c'est un fait rarissime car, de mémoire de journaliste, c'est la première fois au Niger qu'un ministre en exercice, est mis aux arrêts pour détournement de deniers publics. Preuve, s'il en est, que le président Mohamed Bazoum qui avait promis de faire de la lutte contre les détournements de deniers publics et la corruption, son cheval de bataille, tient parole.

Et c'est tant mieux. Car, on le sait, la corruption et les détournements de deniers publics, sous nos tropiques, sont légion et entravent sérieusement le développement de bien des pays du continent. C'est dire si c'est une action de salubrité publique qu'il convient d'inscrire dans la durée.

Il faut d'autant plus louer cet acte que le ministre Zada n'a bénéficié ni du soutien du président de la République ni de celui de son parti, le Mouvement patriotique pour la République (MPR) dont il était d'ailleurs le SG.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est un sale temps pour les délinquants à col blanc au Niger. C'est d'autant plus vrai que sous ce premier mandat du président Bazoum, une trentaine de cadres de la République croupissent en prison pour des faits présumés de détournements de deniers publics ou de corruption.

Le placement sous mandat de dépôt du ministre de la Communication est un avertissement à l'endroit de tous les commis de l'Etat

Cela dit, il faut souhaiter que les droits de toutes les personnes mises en cause dans la présente affaire qui porte sur la faramineuse somme de 3 milliards de F CFA, soient respectés. C'est d'autant plus nécessaire qu'il y va de la crédibilité de la Justice nigérienne.

Il ne faut pas donner l'impression que l'emprisonnement des hauts cadres de l'Etat est une chasse aux sorcières, ou une tentative de salir l'image de certains hommes politiques qui rêvent d'un destin national. C'est dire s'il faut donner toute la latitude au ministre Zada, de justifier l'usage des 3 milliards de F CFA de la SOPAMIN qu'il dirigeait avant d'accéder au gouvernement.

En tout cas, il faut faire en sorte que toute la lumière soit faite sur l'utilisation de cette somme qu'il était censé placer dans la coopérative de microfinance TAANADI-SA pour qu'elle génère des bénéfices mais dont les traces restent introuvables dans les livres comptables de ladite coopérative.

Certes, en matière de détournement de deniers publics, il n'est pas toujours facile de prouver la culpabilité des mis en cause, mais la Justice doit se donner les moyens d'y arriver. C'est à ce prix et seulement à ce prix qu'elle inspirera crainte et respect, surtout que dans cette affaire, certains prévenus avaient déjà été jugés et condamnés à des peines fermes.

Cela dit, le placement sous mandat de dépôt du ministre de la Communication est un avertissement à l'endroit de tous les commis de l'Etat : nul n'est au-dessus de la loi. Et gare à ceux qui oseront tremper la main dans le cambouis.

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