Madagascar: 13 mai 1972 - Un souvenir - Toujours vivace

Le 13 Mai 1972 , l'hôtel de ville fut incendié par des manifestants

Un demi-siècle après, le souvenir de ce 13 mai malgache est toujours aussi vivace. Ceux qui y ont participé tiennent à rappeler qu'il a conditionné les événements politiques ayant eu lieu par la suite. Le 13 mai 1972 a conduit à un éveil de la conscience nationale et a influencé toute une génération d'hommes politiques arrivés au pouvoir ensuite. Une partie des figures marquantes du mouvement s'en est allée, mais il reste encore des témoins de cette période ayant eu conscience d'avoir écrit une nouvelle page de l'histoire de Madagascar.

Les acteurs de ces événements sont en train de disparaître petit à petit. Willy Razafinjatovo, connu sous son surnom Olala, nous a quittés, il y a peu de temps. Une partie de ses camarades qui s'était totalement investie dans le mouvement s'en est allée. La relation des événements vécus de l'intérieur n'est plus possible. Il y a cependant les articles des journaux de l'époque qui rendent compte des péripéties de cette grève des étudiants s'étant muée en mouvement populaire.

Le régime du président Tsiranana n'avait pas mesuré l'ampleur du mouvement et pensait pouvoir mettre au pas ceux qui l'avaient lancé. Le face-à-face des manifestants avec le ministre de l'Education Laurent Botokeky au stade d'Alarobia a convaincu ce dernier que la situation lui échappait complètement. Alors qu'il voulait dialoguer, l'un des leaders du mouvement lui coupa la parole, en disant : " Ce que nous voulons, c'est la révision des accords de coopération avec la France ".

À partir de là, les événements se sont enchaînés. Les FRS (Forces Républicaines de Sécurité) ont investi le QG des dirigeants du mouvement à Ankatso et les ont envoyés au bagne de Nosy Lava. Le lendemain, c'est une révolte populaire qui s'est déclenchée.

La chasse aux FRS a eu lieu et l'Hôtel de ville où certains d'entre eux s'étaient réfugiés fut brûlé. La phrase prononcée par le président Tsiranana lors de son intervention à la radio nationale a marqué les esprits des manifestants : " Tsak tsak tsak, na zato arivo no maty ". La remise du pouvoir au général Ramanantsoa s'est faite en douceur. Ce sont les historiens qui, par la suite, ont analysé les faits et c'est leur rôle de porter un jugement lucide sur cette période mouvementée.

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