Afrique: Forte et diligente mobilisation de l'occident au chevet de l'Ukraine - L'Afrique doit savoir tirer des leçons

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Le 24 février dernier, la Russie de Vladimir Poutine entreprenait une " opération spéciale " dirigée contre l'Ukraine. Pour l'Occident, avec à sa tête, les Etats-Unis, cela n'était ni plus, ni moins, qu'une invasion.

De ce point de vue, les pays occidentaux se sont fortement et rapidement mobilisés pour prêter main forte à l'un des leurs, en proie à l'expédition punitive de l'homme fort de Moscou. Cette solidarité agissante en faveur de l'Ukraine s'est manifestée en termes de soutien financier, de dons de matériels militaires et d'assistance humanitaire. L'on peut faire les remarques suivantes à propos de cette aide multiforme.

La première est liée à la diligence avec laquelle les Occidentaux se sont mobilisés pour voler au secours de l'Ukraine. Cette mobilisation s'est faite d'abord en amont. En effet, avant le 24 février, date à laquelle la Russie a officiellement entamé l'invasion de l'Ukraine, les Occidentaux avaient déjà arrêté leur plan pour contrarier Poutine, en cas de besoin. Et dès que ce dernier a franchi le Rubicon, en envoyant ses chars et son aviation contre son voisin, il a trouvé du répondant en face.

Et c'est avec la même diligence qu'ils ont mis en branle la riposte diplomatique, si fait que l'ONU (Organisation des Nations unies) a été saisie de la crise ukrainienne à plusieurs reprises en l'espace de trois mois. Mieux, son premier responsable, Antonio Guterres, s'est dépêché à Moscou puis à Kiev à un pas de diarrhéique, pour éteindre l'incendie. Une autre dimension de cette aide multiforme, est son caractère massif. En effet, pour soutenir l'Ukraine, Joe Biden, le président américain, réclamait 33 milliards de dollars à la Chambre des représentants.

L'Occident fait preuve de discrimination flagrante dans l'aide qu'il apporte aux pays en détresse

Les chefs démocrates et républicains de cette institution, ont été plus généreux que le président. Car, ils se sont entendus autour d'une enveloppe de 40 milliards de dollars. Ce montant est l'équivalent du PIB du Cameroun en 2020. Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des représentants, au sujet de ce geste énorme, a martelé ceci : " Avec ce programme d'aide, l'Amérique envoie au monde entier, le signal de notre détermination inébranlable à soutenir le peuple courageux d'Ukraine jusqu'à la victoire " contre Moscou.

Outre ce soutien financier massif, l'Amérique a doté l'Ukraine d'équipements militaires de dernier cri et mis à la disposition des refugiés ukrainiens, de quoi se loger, se vêtir et s'alimenter. A l'image des Etats-Unis, les autres pays occidentaux sont en train de dépenser sans compter pour permettre au peuple ukrainien de sortir de la crise par le haut et cela, dans le respect strict de sa dignité.

Cette promptitude et cette extrême générosité avec lesquelles les Occidentaux ont volé au secours de leurs frères d'Ukraine, doivent conduire l'Afrique à tirer des leçons. La première leçon est que l'Occident fait preuve de discrimination flagrante dans l'aide qu'il apporte aux pays en détresse. En l'espace de trois mois, l'Occident a déversé sur l'Ukraine des milliards de dollars, d'importantes cargaisons de matériel militaire de haut vol, des aides humanitaires significatives et l'on en oublie.

Résultat : l'Ukraine est en train de tenir la dragée haute à la deuxième puissance militaire du monde. Dans le même temps, le même Occident semble avoir bouché ses oreilles et fermé ses yeux, face aux cris de détresse et à la tragédie des peuples du Sahel en proie au terrorisme. Ainsi, un pauvre pays comme le Burkina, ne peut même pas s'offrir le luxe de se procurer un avion de combat susceptible d'inverser les rapports de forces dans la guerre que lui ont imposée les forces du mal.

Ce refus délibéré de l'Occident de soutenir véritablement les Africains en détresse, est à la foi un acte de non-assistance à populations en danger et un acte, peut-on dire, de racisme. Et c'est au nom de cette logique que les Occidentaux n'ont jamais daigné apporter des solutions durables aux grandes endémies qui ont toujours malmené les Africains. L'autre grande leçon que l'Afrique doit savoir tirer de la bienveillance de l'Occident à l'endroit de l'Ukraine, est la suivante : l'Afrique doit s'assumer en tant que continent.

Pour y arriver, elle doit d'abord compter sur elle-même. Un pays comme la Chine a pu s'affranchir de la tutelle avilissante du Japon en adoptant cette posture. La dernière leçon est que l'esclave et le maître ne peuvent jamais avoir les mêmes intérêts. De ce point de vue, et pour parler comme Thomas Sankara, l'on peut terminer en disant que personne ne doit s'apitoyer sur le sort d'un esclave qui refuse de se débarrasser de ses chaines.

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