Afrique: Journée contre l'homophobie - Des maisons de refuge en Ouganda pour les LGBT rejetés

Ce mardi 17 mai marque la journée mondiale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie. En Ouganda, de nombreuses associations de défense des droits humains dénoncent régulièrement la stigmatisation de la communauté LGBT et la répression à laquelle elle fait face de la part des autorités. Dans le pays, l'homosexualité est considérée illégale et passible d'une peine de prison à perpétuité.

À Kampala, l'ONG locale Children of the Sun a mis en place un foyer pour accueillir les membres LGBT rejetés par leur famille.

Dans son dortoir, Jeremiah partage les lits superposés avec deux autres résidents : " J'ai le lit du milieu où je garde mon sac et mes vêtements. Je n'ai pas grand-chose pour l'instant parce que je suis arrivé, il y a deux mois. "

Avant de s'installer dans le foyer, le coiffeur de profession vivait avec ses proches mais, comme la plupart des 13 habitants du refuge, sa famille n'a jamais accepté son homosexualité : " Ma famille a découvert la vérité sur mon orientation sexuelle et pour eux, c'était une abomination. Ma mère était la seule à me soutenir, alors j'ai préféré partir pour trouver un endroit plus sûr pour moi. "

Une protection limitée

Les résidents restent généralement sous la protection du centre d'accueil pendant quelques mois, une protection limitée dans un pays où l'homosexualité est criminalisée.

En 2020, tous les habitants du foyer LGBT, à l'époque situé dans un autre quartier de Kampala, ont été arrêtés et détenus durant 52 jours. Parmi eux, Ashoka. Le jeune homme craint toujours pour sa sécurité : " Je ne sors presque jamais dans la rue parce que j'ai peur quand je suis tout seul. En prison, j'étais le dernier du groupe à sortir et la situation m'a vraiment torturé. C'est pour ça que je ne me sens pas en sécurité, même quand je suis entouré d'autres personnes LGBT. J'ai toujours cette peur. "

Henry Mukiibi, le président de l'ONG qui tient le foyer, avait, lui aussi, été arrêté. Après sa libération, en mai 2020, il lui aura fallu près de cinq mois pour trouver une nouvelle maison et continuer d'offrir un refuge aux membres les plus vulnérables de la communauté LGBT.

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