Congo-Kinshasa: Pétrole et gaz - Le pays lance des appels d'offres dès juillet prochain

Luanda, la capitale angolaise, abrite jusqu'au 19 mai la huitième édition du Congrès et exposition africaine du pétrole (Cape VIII).

Pour la République démocratique du Congo (RDC), pays non reconnu officiellement comme grand producteur de pétrole, sa participation a été l'occasion d'exprimer sa détermination à exploiter à fond son énorme potentiel en hydrocarbures.

Face aux ravages de la guerre en Ukraine et aux enjeux de la transition énergétique mondiale, l'Afrique se concerte à Luanda, la capitale de l'Angola, pour arrêter des stratégies nouvelles dans le secteur du pétrole et du gaz. Débuté lundi, la rencontre des grands producteurs africains vise principalement à réfléchir sur la manière de " créer de la valeur dans le secteur du pétrole en Afrique, ainsi que d'exploiter et de valoriser de nouveaux horizons ".

Pour la RDC, cette présence remarquée parmi les plus grands producteurs de la région permet à ses dirigeants d'annoncer le lancement en juillet prochain des appels d'offres pour exploiter à fond le riche potentiel en hydrocarbures du pays. Profitant de la circonstance, le ministre chargé du secteur, Didier Budimbu, est accompagné des représentants des sociétés pétrolières et de plusieurs experts congolais.

L'enjeu du congrès dépasse bien entendu la détermination congolaise de produire bien au-delà de ses 35 000 barils/jour habituels. Il s'agit d'une activité conjointe de l'Organisation africaine des producteurs, du gouvernement de l'Angola et d'Ametrade. Son objectif est d'accroître les investissements dans le secteur pétrolier pour répondre à une demande internationale plus accrue à cause de l'embargo partiel sur le pétrole et le gaz russes. En effet, le congrès a fait le constat de l'absence d'investissements africain dans le secteur au cours des dernières années. Par conséquent, la production africaine affiche aujourd'hui une forte baisse.

Toutefois, certains pays comme le Nigeria démentent tout impact de la crise politico-militaire sur leur industrie locale malgré un réel problème d'approvisionnement sur le marché et même une pénurie. Le congrès reconnaît que l'Afrique ne produit pas suffisamment pour répondre à la demande résultant de l'embargo sur le pétrole et le gaz. Toutefois, les participants conviennent d'un regain d'intérêt des investisseurs.

Au sujet de l'autre dossier brûlant, en l'occurrence la transition énergétique mondiale, l'Afrique fait le constat des avancées extraordinaires dans le monde d'aujourd'hui. L'Angolais Joao Lourenço reconnaît l'obligation pour les États africains d'adhérer à la transition énergétique. Selon lui, il doit s'agir d'un processus graduel et responsable.

D'autres orateurs n'ont pas hésité à déplorer une attitude ambiguë des pays consommateurs. " Ils ne sont pas sérieux au sujet de la transition énergétique. Lorsque la sécurité énergétique est menacée, ils oublient toute transition et ils viennent demander plus de pétrole et de gaz et même de charbon ", explique le secrétaire général de l'Appo. L'option décidée est de continuer à produire, mais à le faire différemment, avec des projets à faible coût et à faible émission de carbone. " C'est important et ce sera toute notre stratégie en Angola et en Afrique ", a conclu le secrétaire général de Total EP Angola, Olivier Jouny.

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