Burkina Faso: Salaires des membres du gouvernement - Où est passée la sobriété annoncée ?

L'affaire défraie actuellement la chronique dans notre pays. Il s'agit de l'affaire des salaires des ministres de la Transition, qui n'en finit pas de provoquer des vagues. C'est la presse qui a levé le lièvre. En effet, il ressort que le Premier ministre, Albert Ouédraogo, touche près de 5 000 000 de F CFA. Quant aux autres ministres, chacun a un salaire de plus de 2 000 000 de F CFA.

Dans le même temps, on voit circuler sur les réseaux sociaux, un bulletin de paie selon lequel Paul-Henri Sandaogo Damiba perçoit près de 8 000 000 de F CFA. Les chiffres semblent confirmés puisque le Secrétaire général du gouvernement qui est passé sur le plateau télévisé de la RTB, n'a pas démenti l'information. Il s'est plutôt contenté de justifier ces salaires. Certes, il est vrai que contrairement aux gouvernements précédents, chaque ministre n'a pas négocié individuellement son salaire. Tout a été harmonisé.

Mais force est de reconnaître qu'au regard des urgences et des défis auxquels fait face notre pays, les salaires octroyés à ceux qui nous dirigent actuellement, posent problème. Pour un pays en crise comme le nôtre, de pareils salaires ne sont ni plus ni moins qu'une insulte au peuple qui tire déjà le diable par la queue. Pourtant, le chef du gouvernement avait annoncé au départ, la sobriété et l'exemplarité.En tout cas, il n'est pas normal que pendant que l'on crie que l'on veut réduire le train de vie de l'Etat, l'on se tape des salaires aussi faramineux. Pendant ce temps, d'autres Burkinabè, chassés de chez eux par des groupes armés, errent dans la nature et peinent souvent à s'offrir un seul repas par jour. Et ce n'est pas tout.

Je me rends compte que dans ce pays-là, les gens ne savent critiquer que pour se faire une place au soleil:

Car, il faut le dire, même certains travailleurs, face à l'inflation des prix des denrées alimentaires, vivotent ; se demandant de quoi sera fait demain. Pourquoi ne pas réduire, par exemple, les salaires des ministres pour subventionner certains produits de première nécessité ?

Comment comprendre que nos dirigeants s'octroient de gros salaires et passent leur temps à demander de l'aide à la communauté internationale, pour faire face à l'urgence humanitaire ? Du reste, pourquoi les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP) qui risquent leur vie pour que tienne debout notre pays, percevraient-ils 20 000 F CFA alors qu'un ministre s'en sort avec plus de 2 000 000 de F CFA ? Autant de questions que je me pose et auxquelles je souhaite avoir des éléments de réponse.

En fait, je me rends compte que dans ce pays-là, les gens ne savent critiquer que pour se faire une place au soleil. Sinon, j'ai du mal à comprendre que certains qui étaient très critiques vis-à-vis du régime précédent, acceptent, sans broncher, maintenant qu'ils ont la bouche pleine, ce qu'ils auraient autrefois dénoncé avec rigueur et véhémence.

Et le plus grave dans tout cela, c'est que les lignes ne bougent pas en matière de lutte contre le terrorisme. On a même l'impression que les choses vont de mal en pis ; en témoigne le nombre de territoires perdus depuis le coup d'Etat du 24 janvier dernier. En tout cas, j'invite nos dirigeants à se ressaisir s'ils ne veulent pas que la clameur qui monte se transforme en une bourrasque qui finira par les emporter. Ils sont prévenus !

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