Afrique de l'Ouest: Sortie de Bazoum sur la mort du G5 - Sahel - Ainsi donc, l'oraison funèbre est enfin prononcée

" Le G5-Sahel est mort ". C'est le président nigérien, Mohamed Bazoum, qui le dit dans un entretien accordé au quotidien français La Croix, prononçant ainsi l'oraison funèbre de ce regroupement de pays sahéliens porté sur les fonts baptismaux en 2014, et dont la force anti-djihadiste a été lancée en 2017.

La sortie du président nigérien fait suite au retrait annoncé du Mali du G5-Sahel, après que ce pays a déploré des blocages sur fond de manipulations extérieures, l'empêchant de prendre la présidence tournante de ladite organisation. Dès lors, il apparaissait clairement que le G5-Sahel qui était dans l'agonie depuis quelques années, ne pouvait que sombrer davantage. La déclaration du président nigérien n'a rien donc de surprenant. Mais elle a au moins l'avantage d'officialiser la mort d'un " albatros " resté longtemps cloué au sol pour les raisons que l'on sait.

En effet, non seulement les partenaires n'ont pas tenu leurs promesses, mais aussi la plupart des pays membres eux-mêmes ne sont pas à jour de leurs cotisations. Tant et si bien que sur près de trois ans, le G5-Sahel n'a pas pu mobiliser la bagatelle de 423 millions d'euros qu'elle espérait pour son fonctionnement normal. Et comme pour ne rien arranger, des changements anti-constitutionnels de régimes sont, entre-temps, intervenus au Tchad, au Burkina Faso et au Mali, fragilisant davantage la lutte contre le terrorisme au Sahel. Le président Bazoum ne dit pas autre chose quand il accuse les autorités maliennes de faire dans l'indolence.

" Notre frontière avec le Mali est sous la coupe de l'Etat islamique au Grand Sahara. Bamako n'a pas investi les postes avancés dans cette zone ", a-t-il déclaré tout en appelant à une plus grande implication des Occidentaux dans le combat contre les obscurantistes qui troublent le sommeil des populations.

Les Occidentaux peuvent soutenir ces pays en difficulté pendant un bout de temps, mais ils ne peuvent pas les assister éternellement:

Et cela, pour lui, commence par un changement des règles d'engagement. " Les Occidentaux en opérations prennent trop de précautions. Ils doivent consentir à un peu plus de sacrifices et ne pas être hantés par les pertes ". Sur ce point précis, l'on a envie de dire au président nigérien qu'il demande trop aux partenaires occidentaux. Car, comment comprendre que des soldats européens ou américains puissent accepter de mourir pour défendre nos pays en proie au terrorisme, pendant que les nôtres passent leur temps à se battre pour le pouvoir ?

Certes, les Occidentaux peuvent soutenir ces pays en difficulté pendant un bout de temps, mais ils ne peuvent pas les assister éternellement. Du reste, n'est-ce pas ridicule qu'au moment où des voix et non des moindres, s'élèvent pour réclamer l'annulation de certains accords militaires avec des pays occidentaux, l'on continue d'appeler ces derniers au secours ? On se rappelle encore les événements de Kaya au Burkina et Téra au Niger où des convois militaires français ont été bloqués par des manifestants en colère qui les accusaient, à tort ou à raison, d'être de mèche avec les terroristes.

Si au Burkina, cette manif spontanée n'avait pas fait de victimes, tel n'est pas le cas à Téra où trois cadavres ont été laissés sur le carreau. On y dénombrait également de nombreux blessés. L'enquête conjointe ouverte par la France et le Niger, est close. Mais elle n'a finalement pas permis de " cerner le déroulement exact des évènements ". Par conséquent, les deux pays ont décidé de dédommager à parts égales, les familles des victimes. Toute chose qui ressemble à un échange de bons procédés entre alliés.

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