Madagascar: Situation toujours tendue entre l'entreprise QMM et la population locale

À Madagascar, l'entreprise QMM, filiale du groupe canadien Rio Tinto qui exploite au sud-est de l'île à Fort-Dauphin, l'ilménite, un minerai riche en fer et en titane, est toujours dans la tourmente. Détenue à 20% par l'État malgache, et 3ème plus grosse exploitation minière de Madagascar, QMM avait annoncé l'arrêt de son activité.

Alors que les manifestants barrent toujours depuis jeudi, l'unique route qui mène au site après des heurts de cette semaine, la direction de l'entreprise et les leaders du mouvement ne parviennent pas à trouver un accord. Les tractations ont continué jusque tard dans la nuit.

Aucun accord n'est signé pour le moment, indique Bonaventure Razanadahy, habitant de Fort-Dauphin et président d'une association de notables de la région, qui participe aux négociations.

Selon lui, le désaccord actuel porte sur le dédommagement demandé par les manifestants qui réclament des espèces quand l'entreprise préfère ne pas donner d'argent directement.

Samedi soir, l'unique route qui mène au site de QMM était toujours bloquée par les manifestants. Les négociations continuaient toujours à minuit, entre les ministres de l'Eau, de l'Environnement et de la Défense, la direction de QMM et les habitants mécontents.

Ces derniers accusent l'entreprise d'avoir pollué l'estuaire du fleuve à la mi-février et réclament des dédommagements pour l'eau rendue impropre à la consommation et pour les pêcheurs privés de revenus parce qu'ils ne peuvent plus exercer leur métier.

Des accusations que réfute l'entreprise. La tension sociale est en effet montée d'un cran jeudi dans la soirée avec la prise en otages par les manifestants de 27 militaires non armés indique une source proche de QMM. Ils ont été libérés vendredi vers 15h, suite à l'arrivée de la délégation gouvernementale sur place pour les négociations.

Rappelons que QMM bénéficie d'une dérogation fiscale et douanière d'après la loi sur les grands investissements minier (LGIM) : l'entreprise doit renégocier sa convention fiscale à la fin de l'année.

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