Madagascar: Tolagnaro - Solution de consensus entre QMM et les communautés

La situation a été très tendue entre la communauté des pêcheurs et QMM en fin de semaine. Ces derniers ont pris en otage une trentaine de militaires. Tout est rentré dans l'ordre.

La société minière Qit Minerals Madagascar (QMM) Rio Tinto présente dans le pays depuis 20 ans risque de mettre la clé sous la porte. La tension créée par l'affaire des poissons morts dans le fleuve d'Ambavarano, Andrakaraka, source de revenus pour des centaines de pêcheurs dans les communes environnantes de Taolagnaro, prend une autre allure.

Depuis le mois de février, les recherches de solutions sont enclenchées de la part des autorités et de QMM, mais n'ont pas résolu le problème. Pour la communauté de pêcheurs, l'eau n'est plus sûre car des poissons sont retrouvés morts, suite au déversement périodique des eaux de traitement de la société minière. Pour cette dernière, tout a suivi les normes comme ce qui a été fait depuis des années, analyses de laboratoire à l'appui.

De l'eau potable a été transportée vers les communautés de pêcheurs par QMM. Le ministère de l'Eau est entré en lice en entamant des analyses de l'eau dans les laboratoires de la capitale.

Les résultats ne sont pas annoncés officiellement par le ministère jusqu'à maintenant mais QMM fait savoir que rien d'anormal n'a été divulgué par les analyses des échantillons envoyés par le ministère de l'Eau dans les laboratoires autorisés.

Enjeux

Les pêcheurs n'ont pas eu l'autorisation de pêcher ni de commercialiser des poissons, de sorte que leurs revenus sont suspendus depuis trois mois et demi. C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. D'autres manifestants, des politiciens et des opportunistes grossissent les rangs, avec d'autres revendications d'indemnisation, vont jusqu'à ériger des barrages à Maromalona menant jusqu'à Mandena, le site de QMM, et prendre en otage des forces de l'ordre.

Quatre membres du gouvernement sont descendus sur place car le feu s'étend. " Il a fallu des manifestations devant la commune urbaine de Tolagnaro, des négociations, des semblants de promesses, des descentes de nouveau puis d'autres négociations entre nous, la société QMM et les autorités locales, mais rien n'a changé. Seul ce barrage et ces affrontements ont quelque peu réveillé les autorités nationales" explique un manifestant, du côté des pêcheurs. Ces derniers se sont convenus avec les ministres mais n'ont pas accepté de mettre la convention sur écrit. C'était samedi dernier.

Hier dimanche, le ministre de la Pêche et de l'économie bleue, Paubert Mahatante annonce que " tout est rentré dans l'ordre". La société QMM aurait accepté des concessions et les pêcheurs acceptent de ne plus faire barrage à l'accès au site de Mandena. Une lettre a été finalement signée par les pêcheurs et le ministre Paubert Mahatante et l'événement a vu la présence du gouverneur de la région Anosy et de la députée de Tolagnaro, Perle Zafinandro.

Les activités de pêche ont repris hier même. Qu'en est-il des cahiers de charge? Concernent-ils les mises à jour des études d'impact environnemental ? Des résultats des analyses d'échantillons d'eau, d'Activités génératrices de revenus pour les communautés touchées par l'exploitation d'ilménite ? QMM est poursuivi pour ne pas avoir exécuté des actions comprises dans son cahier de charges, telles que la mise en place d'infrastructures (cas du pont depuis le port jusqu'à Manambaro), des envois de maires en vacances tous frais payés. Des questions sur la radioactivité reviennent à la charge, des polltions environnementales. Les bénéfices d'un tel projet pour la région sont relégués en seconde zone en raison d'une richesse mal répartie, selon d'autres points de vue. QMM demande une recapitalisation au gouvernement mais ce dernier refuse et veut entamer des audits. Rien de concret pour ces audits depuis deux ans. L'anglo-australien Rio Tinto peut aisément partir ailleurs, dès lors que la situation à Madagascar ne lui permet plus de survivre. Il détient des actifs bruts de plus de 80 milliards de dollars dans les cinq continents.

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