Madagascar: Travailleurs migrants - Tollé sur les nouvelles mesures gouvernementales

Le gouvernement a resserré l'étau autour des travailleurs migrants qui veulent quitter le pays. De nouvelles mesures ont été annoncées, hier, par le ministère des Affaires étrangères qui consistent à renforcer d'autres étapes administratives que les candidats doivent de nouveau franchir avant de quitter le sol national.

En effet, il faut "obtenir un visa au préalable du contrat de travail signé par les deux parties à l'ambassade de Madagascar dans le pays de destination ", annonce le ministère des Affaires étrangères. Le candidat doit également " passer une enquête de moralité et un examen de situation auprès du ministère de la Sécurité publique et viser le contrat de travail auprès du ministère du Travail, de la Fonction publique et des Lois sociales " exige le ministère des Affaires étrangères. Ensuite, le " visa du contrat de travail et du billet d'avion ainsi que la procédure de préinscription consulaire " sont aussi recommandés auprès de la direction de la diaspora du ministère des Affaires étrangères. Toutes ces nouvelles étapes " doivent être faites 15 jours avant le départ ", selon le ministère des Affaires étrangères.

Décourager. L'objectif de ces nouvelles mesures est de " protéger les traites de personnes transnationales ", justifie le ministère de Richard Randriamandrato. Elles peuvent renforcer la vigilance du gouvernement sur les départs pour le travail extérieur des Malgaches dans les pays qui ont fait beaucoup de bruits sur les cas de maltraitance, comme dans les pays arabes ou asiatiques. Mais le communiqué annonce une mesure globale qui touche également d'autres projets professionnels à l'extérieur du pays. À la lecture de cette dépêche du ministère des Affaires étrangères, tous Malgaches qui décrochent, en effet, un contrat privé à l'extérieur devront se soumettre aux nouvelles mesures annoncées.

Dans ce cas, elles sont très mal accueillies par l'opinion publique. Les démarches administratives pour ceux qui ont pu décrocher des contrats de travail à l'extérieur sont, en effet, renforcées et s'alourdissent davantage. " Je ne comprends pas cette démarche gouvernementale qui, à mon avis, ne fait que décourager, voire même dissuader les compatriotes qui peuvent avoir une opportunité de pouvoir faire valoir leurs compétences à l'extérieur pour un horizon professionnel meilleur ", s'interroge un cadre malgache qui travaille actuellement aux États-Unis.

Échanges culturels. Le gouvernement perd la face et des répercussions politiques peuvent ressurgir sur ce sujet. L'annonce de cette nouvelle mesure a créé un tollé sur les réseaux sociaux. Des réactions ne tardent pas à venir. " Ces mesures risquent de fragiliser davantage les conditions des travailleurs malgaches et pourraient favoriser le travail au noir ", analyse un juriste. De leur côté, les Malgaches " Au pair ", quant à eux, fustigent les mesures. Le contrat " jeune au pair " n'est pas un " contrat de travail ", précise une page spécialisée sur ce créneau qui attire davantage de jeunes malgaches.

En Allemagne, on compte " environ 500 jeunes malgaches au pair actuellement ", témoigne Hasimbola qui a dû passer par cette étape pour pouvoir poursuivre ses études universitaires actuellement dans ce pays. Etre au-pair ne peut pas être qualifié de " travailleur migrant " plaide-t-il. " C'est un programme international d'échanges culturels, qui permet aux jeunes de vivre à l'étranger, de découvrir une autre culture et d'apprendre une langue étrangère ", précise un site spécialisé.

Visa. " Nous n'avons ni contrat de travail ni fiche de paie ", soutient alors une jeune malgache au pair en Europe. " Nous voulons ainsi que les autorités malgaches reviennent sur leur décision sur le cas des jeunes au pair ", lance Hasimbola. " Cette nouvelle mesure pourrait, à plus forte raison, décourager les familles d'accueil à collaborer avec les jeunes malgaches ", affirme-t-il. Et les chances des Malgaches de pouvoir bénéficier de ce programme d'échanges peuvent, en effet, rétrécir après l'entrée en vigueur de ces mesures énoncées par le ministère des Affaires étrangères " étant donné que la procédure d'obtention de visa auprès de l'ambassade d'Allemagne nécessite déjà beaucoup de patience ", poursuit-il.

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