Tchad: Le principal syndicat appelle à une grève illimitée au pays

Le 14 mai, une marche de protestation organisée à N'Djamena contre la France, accusée de soutenir la junte militaire au Tchad.

Même les hôpitaux n'assureront que le service minimum. La principale centrale syndicale tchadienne, l'Union des syndicats du Tchad (UST) appelle à une grève générale illimitée.

La grève déclenchée sur l'ensemble du territoire national, vise à faire pression sur le gouvernement pour obtenir la libération des leaders du mouvement citoyen Wakit-Tama. Les hôpitaux ne sont pas épargnés.

Les leaders du mouvement citoyen Wakit-Tama ont été arrêtés à la suite de la marche pacifique du 14 mai dernier contre la politique française au Tchad.

Pour Michel Barka, le Président de l'Union des syndicats (UST), la principale revendication des grévistes est la libération des six leaders arrêtés parmi lesquels le Secrétaire de Général de l'Union des syndicats du Tchad Gounou Vaima Ganfaré.

"L'Union des syndicats du Tchad (UST) dit qu'il faut libérer les leaders arrêtés. Tant qu'ils ne sont pas libérés, la grève va se poursuivre et va se durcir. Si le gouvernement garde le silence, même le service minimum n'existera pas", a menacé Michel Barka.

Pour le syndicaliste, l'arrestation et le transfert sans jugement des leaders de Wakit-Tama de la prison de N'Djamena à la prison de haute sécurité de Moussoro située à 300 kilomètres de la capitale tchadienne, est une provocation de trop.

D'où la colère des militants de l'UST qui décident d'entamer une grève illimitée dans tout le pays jusqu'à la libération de leurs camarades.

Inquiétudes de la population

La grève lancée par les travailleurs membres de la centrale syndicale Union des syndicats du Tchad (UST) à quelques semaines de la fin de l'année scolaire et universitaire suscite de nombreuses inquiétudes.

Le mouvement de mécontentement aura sans doute des répercussions sur les préparatifs des examens de fin d'année dans les écoles mais aussi sur le fonctionnement des hôpitaux craint Sosthène Mbernodji, écrivain et enseignant.

"On va s'attendre à des conséquences assez incalculables dans la mesure où déjà les centres de santé seront hermétiquement fermés. Il n'y aura que les grands hôpitaux qui vont fonctionner avec le service minimum. Nous avons aussi les écoles qui seront fermées, donc, tout va être paralysé. On aurait dû éviter cela en jouant à l'apaisement mais le pouvoir a préféré la méthode forte. Les gens qui sont simplement inculpés, pas condamnés mais déportés à plusieurs kilomètres à la porte du désert. On se désole de tout ce qui se passe", a regretté Sosthène Mbernodji.

Le gouvernement tchadien minimise la grève qu'il juge illégale. "Je pense que cette grève ne mettra en aucun cas en difficulté le système éducatif, moins encore le système sanitaire de notre pays. Les travailleurs sont assez matures pour faire la part des choses, le gouvernement n'a pas touché à leur intérêt, le gouvernement n'a pas de problème avec les travailleurs. Je leur demande qu'ils fassent en sorte que cette grève ne puisse pas être suivie. Si de façon illégale, ils vont en grève, ils savent les risques qu'ils encourent", a prévenu Brah Mahamat, le ministre de la fonction publique.

L'Union des syndicats du Tchad menace également de se retirer de l'accord triennal signé entre le gouvernement de transition et les différentes centrales syndicales le 04 octobre 2021 et qui avait permis une trêve sociale.

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