Afrique: Sommet extraordinaire de l'ua - Malabo a-t-elle accouché d'une souris ?

Les chefs d'Etat et de gouvernements qui s'étaient réunis du 27 au 28 mai 2022, à Malabo, capitale de la Guinée Equatoriale, se sont quittés au terme du double sommet de l'Union africaine (UA), sans dévoiler les conclusions de leurs réflexions. Est-ce à cause du départ précipité du président en exercice de l'UA, Macky Sall, parti pour compatir à la douleur des parents des onze bébés décédés au cours d'un incendie qui a ravagé les services de néonatologie de l'hôpital de Tivaouane ? Ou bien les têtes couronnées du continent n'ont-elles pas réussi à accorder leurs violons ?

Certes, l'ambassadeur équato-guinéen à l'UA, Crisantos Obama Ondo, a soutenu qu'une déclaration a été adoptée et contient une importante mesure. Mais quand sera-t-elle rendue publique ? Personne n'est dupe ; parmi les sujets qui étaient inscrits à l'ordre jour, figurait celui relatif aux coups d'Etat. Débattre de ce sujet et arrêter une décision consensuelle relève du pensum. Car, cela revient à demander à certains dirigeants de se regarder dans la glace. La plupart des putschistes ne justifient-ils pas leur coup de force par la mal gouvernance et autres tripatouillages constitutionnels aux fins de se maintenir contre vents et marrées au pouvoir ?

C'est dire si les coups d'Etat sont un sujet qui fâche. Une thématique que bien des participants au sommet n'auraient pas aimé aborder, en commençant par l'hôte du sommet, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo qui détient, hors monarchies, le record mondial de longévité au pouvoir, avec 42 ans de règne. Sur le continent, des présidents comme Faure Gnassingbé du Togo, Denis Sassou Nguesso du Congo Brazzaville, Yoweri Museveni de l'Ouganda et bien d'autres, sont particulièrement gênés par ce sujet.

L'attitude qui consiste à toujours tendre la sébile à l'Occident infantilise le continent noir:

Et pourtant, il faudrait tôt ou tard, crever l'abcès. Si l'Afrique fait du sur-place, gangrenée qu'elle est par des maux qui entravent son essor économique et social, c'est sans nul doute à cause de la gouvernance erratique dont font preuve bien de ses dirigeants. Cela dit, tout porte à croire que les chefs d'Etat, à Malabo, n'ont pas eu le courage de s'attaquer aux causes qui alimentent les coups d'Etat sur le continent. Malabo a-t-elle donc accouché d'une souris ? On peut le craindre, hélas. Toutefois, il faut saluer la création annoncée d'une Agence humanitaire africaine.

Si on peut craindre de ce qu'il en sera, de son efficacité au regard du mode de fonctionnement des autres institutions de l'UA, on ne peut douter en revanche de sa pertinence. Ce d'autant que l'Afrique compte 113 millions de personnes ayant besoin d'aide alimentaire, dont 48 millions de réfugiés. Mais les contributions déjà mobilisées, c'est-à-dire 140 millions de dollars sur un besoin total de 14 milliards de dollars, constituent une goutte d'eau dans la mer. C'est dire si Macky Sall, président de l'UA, qui a ouvert le bal des contributions, va devoir batailler dur en comptant notamment sur des partenaires extérieurs pour combler le gap. Et c'est là où le bât blesse.

Car, l'attitude qui consiste à toujours tendre la sébile à l'Occident quand il s'agit de financer des projets ou programmes importants, infantilise le continent noir. L'on se demande quand l'Afrique va-t-elle véritablement grandir et se prendre en charge. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les dirigeants africains ne se montrent pas à la hauteur des préoccupations des populations africaines. Or, tant que les dirigeants africains ne se monteront pas plus visionnaires, le continent demeurera dans la stagnation et dans l'insécurité permanente.

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