Sénégal: Elimination des candidats de l'opposition aux législatives - Le pays danse sur un volcan

analyse

Se dirige-t-on vers des législatives sans les principaux candidats de l'opposition au Sénégal ? C'est du moins ce que laisse croire l'arrêté du ministère de l'Intérieur, rendu public le 31 mai dernier, et entériner par le Conseil constitutionnel, qui invalide la liste des titulaires de la principale coalition d'opposition qu'est Yewwi Askan Wi.

Selon le ministère, la liste des titulaires de la principale plateforme d'opposition, est incomplète d'autant qu'elle a investi deux fois la même personne comme titulaire et suppléante.

En conséquence, Ousmane Sonko en tête de liste, et bien d'autres personnalités qui ne comptent pas pour du beurre, ne pourront pas prendre part aux législatives du 31 juillet prochain puisqu'ils doivent systématiquement être remplacés par leurs suppléants respectifs.

Et ce n'est pas tout. Car, comme s'il voulait couper la poire en deux, le ministère de l'Intérieur a aussi jugé " irrecevable " la liste des suppléants de la coalition de la majorité Benno Bokk Yakaar pour non-respect de la parité. D'ores et déjà, d'aucuns dénoncent le " parti pris " du ministère de l'Intérieur, visant à éliminer des poids lourds de l'opposition, de la course aux législatives dont on sait qu'elles cristallisent toutes les attentions au Sénégal.

Il faut craindre un nouveau regain de tensions avec son lot de violences meurtrières

L'opposition appelle déjà à manifester, tout en promettant une riposte " énergétique " à ce qu'elle qualifie de " provocation inacceptable ". De quoi faire craindre une crise politique au Sénégal et ce, alors même que les religieux, naguère, appelaient tous les acteurs à la retenue dans la perspective de ces législatives qui apparaissent comme un test grandeur nature.

La Justice sénégalaise, quant à elle, a fait sa part de chemin en évitant de prononcer une condamnation contre tout opposant dans ce contexte pré-électoral surchauffé et ce alors même que certains comme Ousmane Sonko et Barthémy Dias, pour ne citer que les deux, sont poursuivis pour des délits de droit commun.

Au nom de la paix sociale, les juges ont préféré différer les verdicts de ces procès aux lendemains des élections pour ne pas donner l'impression de jeter de l'huile sur le feu. Toute chose que les uns et les autres avaient saluée d'autant que cela contribuera à décrisper l'atmosphère sociopolitique dans le pays.

Mais avec le pavé que vient de jeter le ministère de l'Intérieur, dans la mare déjà trouble, il faut craindre un nouveau regain de tensions avec son lot de violences meurtrières. A moins que, prenant toute la mesure du péril, le président Macky Sall, se plaçant au-dessus de la mêlée, prenne les devants, en trouvant une solution politique au problème posé.

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