Cameroun: Christine Talla'a - La ville de Yaounde a une seule station de traitement de boue de vidange

interview

Alors que des questions orales des parlementaires au ministre de l'eau et de l'énergie posent le problème de la qualité de l'eau au Cameroun, la présidente de l'association nationale des toilettes pour tous au Cameroun donne son point de vue sur cette question qui est étroitement liée à l'assainissement.

Quel est l'état des lieux dans le secteur de l'eau au Cameroun ?

Je crois actuellement que le Cameroun ne manque pas d'eau. Le problème réside sur la qualité de cette eau-là. Le liquide contenu dans la nappe phréatique supérieure du Cameroun surtout dans les villes comme Douala, Yaoundé, n'est pas de bonne qualité. Dernièrement nous avons mené une étude qui a montré qu'il y avait beaucoup de pollution dans l'eau que nous avons ici.

Raison pour laquelle, des entreprises qui produisent et commercialisent l'eau minérale, ne peuvent vraiment pas s'approvisionner de l'eau d'ici à cause de la quantité élevée d'azote. On est obligé d'aller dans les périphéries, pour pouvoir avoir une eau de bonne qualité.

Vous avez assisté à différents foras sur les questions de l'eau en Afrique et en Europe. Est ce qu'on peut dire que notre situation est alarmante?

Je pense que nous ne pouvons pas dire que notre situation est alarmante. Elle est davantage préoccupante. Préoccupante parce que le problème au Cameroun ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de l'eau, mais le problème c'est la qualité à cause de la mauvaise qualité ou bien l'absence de la gestion de l'assainissement qui aujourd'hui rend l'eau qui est disponible pour tous, un vrai problème aujourd'hui.

Parce que la nappe phréatique qui est à la portée de tous aujourd'hui, n'est pas de très bonne qualité, à cause de la pollution due à l'absence de la gestion ou bien à la mauvaise qualité de la gestion de l'assainissement liquide aujourd'hui au niveau du Cameroun. Cette situation n'enchante pas parce qu'à cause d'elle, les eaux sont polluées et les gens consomment de l'eau d'origine douteuse. Je pense que c'est ça qui est le véritable problème aujourd'hui, surtout dans les milieux urbains. Mais rien n'est fait aussi pour civiliser les personnes dans les zones rurales.

Je pense que on ne sera pas aussi loin de cette situation parce que, la ville s'agrandit, les villages deviennent des villes, et si il n'y a pas une bonne politique ou stratégie de gestion de l'assainissement dans ces différents milieux , on va vivre les mêmes choses que nous sommes en train de vivre dans la ville de Yaoundé aujourd'hui, d'avoir de l'eau souillée.

Comment peut-on mettre au service votre expérience de tous les foras là pour essayer de prendre conscience et de voir qu'il y a de l'espoir ?

Ce que nous pouvons faire c'est déjà d'organiser des campagnes de sensibilisation des masses pour que les populations puissent se rendre compte de la problématique liée à l'absence, à la mauvaise qualité ou la mauvaise gestion de l'assainissement liquide sur nous.

Et je vais encore appuyer là en tant que présidente de l'association nationale des toilettes pour tous, due à l'absence du traitement des matières fécales, qui aujourd'hui se retrouvent dans la nature parce que au Cameroun nous avons une seule station de traitement de vidange qui a été inauguré en octobre de l'année dernière, imaginez un peu que sur tous les millions de Camerounais, la ville de Yaoundé a une seule station de traitement de vidange.

Et au niveau de la situation panafricaine des acteurs de l'assainissement dont je suis membre et secrétaire chargée des affaires sociales, nous avons un projet d'une ville une station de traitement. Et nous pensons que si ce projet est aussi adopté au niveau du Cameroun. Nous allons éviter de frôler la catastrophe. Tout simplement parce qu'aujourd'hui, avec les études qui ont été faites par des étudiants Burkina Faso, ils nous ont montré réellement la relation étroite qu'il y a entre le changement climatique et les matières fécales.

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