Botswana: Antoinette Sayeh fait le point sur les progrès réalisés et le chemin à parcourir

La Directrice générale adjointe du Fonds monétaire international (FMI) s'est exprimée lors de la conférence de haut niveau sur la promotion de la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption à Gaborone, au Botswana. L'événement était organisé conjointement avec la Commission de l'Union africaine (UA).

Antoinette Monsio Sayeh a d'abord rappelé l'histoire du Botswana, sa trajectoire - passé de l'une des économies les plus pauvres du monde à un pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure - qui témoigne d'une gestion macroéconomique prudente, d'une gouvernance solide et de bonnes institutions. Elle est convaincue que ce pays peut tirer parti de cette base solide en continuant à respecter les normes de gouvernance les plus élevées. Puis elle a partagé sa vision plus étalée de la gouvernance et de la transparence.

" La question de la bonne gouvernance et de la transparence ne se limite pas au gaspillage d'argent. Il s'agit de l'érosion d'un contrat social et de la corrosion de la capacité du gouvernement à faire croître l'économie d'une manière qui profite à tous les citoyens ", a-t-elle signifié. Si la corruption est depuis longtemps un problème, alors que le monde est aujourd'hui confronté à des multiples crises à la fois (la crise de la covid-19, la guerre en Ukraine, les défis climatiques, la situation sécuritaire au Sahel), " le besoin d'une bonne gouvernance n'a fait que devenir plus urgent ", a souligné Antoinette Sayeh.

" Ces crises ont montré que les pays dotés d'institutions économiques solides pourraient répondre plus efficacement à ces défis et mieux se préparer à une reprise résiliente - et cela est vrai à tous les niveaux de développement. Nous reconnaissons également que la lutte contre la corruption est un problème international, compte tenu du rôle des professions qui permettent la corruption et des juridictions qui offrent un refuge sûr pour le produit de la corruption ", a expliqué la patronne adjointe du FMI.

Elle a présenté la nouvelle stratégie de cette institution en Afrique, en la matière : le renforcement de l'engagement du FMI avec la région sur les questions de gouvernance et de lutte contre la corruption ; certaines des réussites constatées à travers l'Afrique ; et les éléments clés de la bonne gouvernance ainsi que de la responsabilité qui ressortent dans ces exemples, et sur lesquels la région doit se concentrer pour saisir le potentiel de l'Afrique.

Les efforts vitaux pour l'Afrique

Parmi les opportunités économiques qui s'offrent à l'Afrique, Antoinette Sayeh a cité le dividende démographique. Et pour l'obtenir, le continent doit répondre aux aspirations de la nouvelle génération, en veillant à ce que " les ressources publiques soient utilisées efficacement et contribuent à une prospérité partagée et durable de la population ". Certains pays africains ont relevé ce défi, en se classant parfois plus haut que de nombreuses économies développées dans le domaine de la gouvernance.

Citant le cas du Rwanda -qui a adopté des institutions plus avancées pour se reconstruire après un conflit dévastateur. C'est également le cas aux Seychelles - qui a entrepris des réformes économiques et institutionnelles pour s'attaquer à la crise de la dette de 2008. Au Botswana, on a assisté à l'élaboration d'un bon cadre politique pour gérer prudemment la richesse des ressources minières. " Aujourd'hui, ces pays sont à la tête de la région en matière de bonne gouvernance, mais beaucoup d'autres prennent également des mesures décisives ", a-t-elle souligné, notant également de bonnes réformes de la gouvernance budgétaire (Gambie, Sénégal) ainsi que l'adoption des cadres de lutte contre le blanchiment d'argent (Botswana, Zimbabwe, Maurice, Ghana).

Des leçons à tirer de ces exemples par la région

Premièrement, les pays les plus performants dans ce domaine ont un niveau élevé d'engagement politique en faveur de la bonne gouvernance et de la transparence. Deuxièmement, le respect de l'Etat de droit et des droits de propriété. Troisièmement, assurer l'efficacité, la transparence et la surveillance publique de ces investissements. Dans un ouvrage du FMI, paru récemment sur la bonne gouvernance en Afrique subsaharienne, on apprend que lorsqu'il n'y a pas assez de surveillance gouvernementale sur le processus de passation des marchés publics, le coût des projets a tendance à être plus élevé.

Le FMI y voit un besoin massif d'accroître les investissements publics (infrastructures, santé et éducation) d'une manière plus efficace et transparente. Quatrièmement, l'accès à l'information. Enfin, l'innovation et la technologie, qui, selon le FMI, peuvent jouer un rôle important pour aider le gouvernement à réaliser ces priorités. La cheffe adjointe du FMI est convaincue que l'amélioration de la gouvernance et de la responsabilité en Afrique est non seulement possible, mais qu'elle se produit réellement, dans l'effort. Il s'agit d'un long processus qui exige une forte volonté politique et des efforts constants. La conférence de Gaborone est un tremplin, a-t-elle conclu.

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