Niger: Lutte contre le terrorisme - Mohamed Bazoum satisfait

Le Président de la République, Chef de l’État, Chef Suprême des Armées, SEM Mohamed Bazoum a entamé une visite de travail de 48h dans la Région de Diffa

Mohamed Bazoum, le président nigérien, séjourne depuis quelques jours à Diffa, dans le sud-est du pays, frontalier avec le Nigeria. Il a rencontré des soldats déployés le long de la frontière du Nigeria, dont un contingent de 1.000 nouvelles recrues locales dédiées à la "sécurisation" des villages où des milliers déplacés ont été réinstallés l'année passée.

"Si nous faisons une évaluation sur cette année et que nous la comparons aux années précédentes, nous notons de façon évidente qu'elle s'est améliorée", a-t-il déclaré.

Selon Hassane Koné, chercheur principal, Programme Sahel, Bureau régional de l'ISS pour l'Afrique de l'Ouest, le Sahel et le bassin du lac Tchad,"les forces de défense et de sécurité du Niger ont mené dans cette zone, notamment, un travail assez important. Ils ont mené une bataille acharnée contre ces deux groupes extrémistes violents dans cette zone."

Ce succès engrangé est le fruit des actions concertées entre les armées de la Force multinationale mixte composée d'éléments des forces armées du Bénin, du Cameroun, du Nigeria, du Niger et du Tchad. C'est du moins ce que pense Seidik Abba, journaliste, spécialiste du Sahel, auteur de plusieurs ouvrages sur le djihadisme. Le dernier, "Mali-Sahel, notre Afghanistan à nous?", est paru en début d'année chez Impacts éditions.

Seidik Abba explique que"ces derniers temps, la lutte anti-terroriste dans le bassin du Lac-Tchad a enregistré des résultats significatifs qui sont surtout le fait de la meilleure coordination entre les armées engagées dans la force mixte multinationale (la (La Force multinationale mixte est composée d'éléments des forces armées du Bénin, du Cameroun, du Nigeria, du Niger et du Tchad. Depuis 2015 elle participe à la lutte contre le groupe terroriste Boko Haram dans ces pays) et des opération importantes ont été réalisée par les quatre secteurs et des résultats importants ont été engrangés dans la lutte contre le terrorisme."

Pression sur les djihadistes

Le chercheur Hassane Koné reconnaît lui aussi que les armées de la Force multinationale mixte arrivent à exercer une pression énorme sur ces groupes djihadistes.

"Ce qui fait qu'aujourd'hui, aucun groupe n'a une base sur le sol nigérien, ni dans le bassin du Lac-Tchad, ni dans la partie du Nord-ouest", observe-t-il. Ces derniers temps aussi, il y a eu un renforcement des capacités de l'armée nigérienne à travers des équipements, à travers aussi des recrutements de 1000 hommes dans la zone du bassin du Lac-Tchad et d'autres équipements qui se poursuivent ailleurs. Il faut reconnaître que c'est une armée qui sait faire la guerre et qui sait se battre", ajoute Hassane Koné.

Optimisme prudent

"Les résultats sont là, ils sont bons. Nous avons rendu plus consistant le dispositif sécuritaire. Nous sommes en train de gagner cette guerre", a en substance déclaré le président Mohamed Bazoum. En dépit des succès militaires, il faut raison garder, suggère Seidik Abba.

À l'en croire, "c'est trop tôt pour dire que la lutte contre le terrorisme est totalement achevé. On peut se réjouir des acquis. Mais, ce qui reste à faire est plus important que ce qui a été déjà fait. Il ne faut pas tomber dans une sorte d'euphorie qui amènerait à relâcher la vigilance et qui amènerait à perdre même les acquis. Il faut savoir raison-gardé. Et puis, renforcer la dynamique, aller plus loin. Pour l'instant, je ne vois pas d'amélioration véritable avant cinq à dix ans. Il ne faut pas aller dans trop d'optimisme et puis relâcher, subir des revers importants."

Selon plusieurs témoins, les éléments de Boko Haram continuent cependant de semer la panique dans le Sud-est du Niger, poussant des milliers de personnes à fuir leurs villages.

Les autorités locales, estiment qu'entre juin et juillet 2021, 26.573 personnes qui ont fui les violences, suite aux attaques des djihadistes de Boko Haram ont été reconduites dans 19 villages où la sécurité avait été "renforcée".

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