Tunisie: Sur la scène théâtrale, l'émergence d'une nouvelle génération d'auteurs

La scène théâtrale de la Tunisie connaît depuis quelques années l'émergence d'une nouvelle génération d'auteurs et d'autrices qui explorent la société tunisienne et interrogent l'avenir d'un pays en pleine métamorphose.

Le festival international de Hammamet présente du 13 juillet au 19 août plusieurs pièces de théâtre de la jeune génération, dont fait partie Wafa Taboubi auteure et metteuse en scène de La dernière. Cette pièce a obtenu à l'automne dernier le grand prix des Journées Théâtrales de Carthage du meilleur spectacle arabo-africain.

Cette pièce sociale aux résonances politiques, traitée avec simplicité, justesse, rigueur et profondeur, traite du rapport homme-femme à travers l'histoire d'un couple. Les deux comédiens, Meriem Ben Hamida et Oussama Kochkar, sont époustouflants dans leur jeu. Et après six mois de répétition, la pièce a rencontré son public.

" J'ai vu une bagarre entre un homme et une femme dans la rue, j'ai vu une agression verbale et corporelle entre les deux, cet acte agressif m'a touchée et j'avais les larmes aux yeux, raconte Wafa Taboubi. J'ai dit : "Voilà, je dois écrire quelque chose, pour dire qu'il faut nous aimer, nous parler plus, dialoguer encore pour éviter cette agressivité". L'agressivité pour moi n'est pas une solution, c'est une catastrophe. La dernière est un texte à deux vitesses : verbale et corporelle. Les deux insistent sur l'importance de l'amour. "

Dans La dernière, il n'y a plus d'autres êtres humains, seuls un homme et une femme ont survécu. Cela pourrait être à la suite d'une catastrophe naturelle ou une pandémie qui a touché la terre. Entourés par le néant qui domine l'espace extérieur, la solitude, l'ennui et le sentiment de lassitude, le couple décide de jouer le jeu du temps, de la peur, de l'isolement, de la suspicion et du conflit avec l'autre. De jouer, car tout, à la fin, est imaginaire.

Une scène théâtrale dynamique et variée

Selon un dernier recensement, la Tunisie compte aujourd'hui plus de 350 groupes et compagnies théâtrales actifs. Les artistes interpellent la société et présentent des œuvres qui mélangent les formes artistiques.

" Depuis la révolution, il y a deux tendances, explique l'universitaire Mohamed Moumen, chercheur et critique de théâtre. Ceux qui disent les nouveaux maux de la société tunisienne, les maux politiques, sociaux, les nouvelles morales qui sont en train d'émerger, les valeurs politiques qui sont en train d'apparaître. Il y a un volet comme ça du théâtre tunisien qui ne cesse de poser ce genre de questionnement, d'interrogations, de procès aussi, il y a beaucoup de dénonciation. Et puis il y a un théâtre à l'écoute des formes théâtrales qui veut toujours être un petit peu à la mode, aux dernières découvertes des formes théâtrales. Comment ça s'exprime, beaucoup d'artistes ne veulent plus se confiner au genre connu, aux formes établies... Ce qu'on voit le plus souvent actuellement dans le théâtre tunisien, c'est des expériences qui relèvent du cadre post dramatique. Il y a comme une secousse, un tremblement qui s'est passé. "

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