Burkina Faso: " Affaire de gros bras " - Des terroristes peuvent en cacher d'autres

Il y a un phénomène qui, depuis quelque temps, est en train de prendre corps dans notre pays, et qui, à mon avis, constitue une réelle menace pour l'Etat de droit.

Il s'agit de cette " affaire de gros bras ". Tout a commencé, en effet, le 30 juillet dernier. Ce jour-là, alors qu'elle procédait au lancement du M30 Naaba Wabgo, au cours d'une conférence de presse, la présidente du Mouvement pour la renaissance du Burkina (MRB), Yéli Monique Kam, a été violentée par des hommes venus d'on ne sait où, qui ont réussi à perturber l'événement. Alors que l'on croyait qu'il s'agissait d'un cas isolé, la même scène s'est reproduite le 4 août dernier au cours du lancement du Front patriotique au Centre Cardinal Paul Zoungrana. Il a fallu l'intervention musclée de la Police nationale pour que soit évité le pire. Là aussi, des loubards, si l'on peut les appeler ainsi, se sont invités au débat, tentant de porter atteinte à l'intégrité physique de certaines personnalités, en l'occurrence Alassane Bala Sakandé.

Pour quelle raison ? Difficile de répondre à cette question. Toujours est-il que par cette manière de faire, ces individus sans foi ni loi tentent d'instaurer la pensée unique dans notre pays. Ce qui paraît pour le moins inadmissible et inacceptable. C'est pourquoi j'en appelle à la responsabilité des plus hautes autorités. Il faut que prennent fin ces comportements barbares, sauvages et indignes d'une nation civilisée. Car, notre pays ne saurait s'accommoder de certains agissements. Cela dit, je souhaite que ces " gros bras " dont certains ont été formellement identifiés, soient sanctionnés à la hauteur de leurs actes afin que cela serve de leçon à d'autres apprentis sorciers tapis dans l'ombre.

J'ai du mal à comprendre l'attitude de certains compatriotes qui promeuvent la violence

Ne pas les sanctionner serait une manière, pour les autorités, d'encourager la violence, et donnerait la preuve à tous ceux qui en doutaient encore, que ces gens-là agissent au nom du régime de la transition. Certains ont d'ailleurs vite fait de franchir le pas en accusant ouvertement les autorités de la transition. Ils n'ont peut-être pas tort. Mais moi, personnellement, j'attends la suite judiciaire qui sera donnée à ces deux affaires, pour me prononcer.

Selon qu'il y aura sanction ou pas, je me ferai une idée de ce qui se passe. En tout cas, je suis d'autant plus navré que parmi ceux qui sont allés perturber la cérémonie du Front patriotique, se comptait un député de l'Assemblée législative de transition (ALT). Voyez-vous ? J'ai envie de dire que si le tir n'est pas rectifié, le Burkina court droit dans le mur.

On se croirait au far-west où les plus forts imposent leur manière de voir et de faire, aux plus faibles. Je saisis l'occasion pour rappeler aux uns et aux autres que la liberté d'expression ou d'association est un droit constitutionnellement reconnu dans notre pays. Et personne, je dis bien personne, ne saurait remettre en cause cet acquis.

A ceux qui jouent les " gros bras ", je leur rappelle qu'ils n'ont pas le monopole de la violence, et je parie que s'ils n'arrêtent pas ce qu'ils font, ils en paieront le prix fort un jour. Déjà que les groupes armés nous attaquent et endeuillent des familles, j'ai du mal à comprendre l'attitude de certains compatriotes qui promeuvent la violence. Ces gens-là ne sont ni plus ni moins que des terroristes d'un autre genre et méritent d'être traités comme tels.

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