Rwanda: Génocide rwandais - Félicien Kabuga jugé à la Haye

Le procès du présumé génocidaire rwandais, Félicien Kabuga, s'est ouvert le 29 septembre à La Haye, aux Pays-Bas, devant le Mécanisme chargé des derniers dossiers du Tribunal pénal international pour le Rwanda.

Arrêté le 16 mai 2020 dans la banlieue de Paris après vingt-cinq ans de cavale, Félicien Kabuga est notamment accusé d'avoir participé à la création des milices hutus Interahamwe, principaux bras armés du génocide qui a fait plus de 800 000 morts, selon l'Organisation des Nations unies, essentiellement au sein de la minorité tutsi.

Son procès est très attendu au Rwanda, où Kabuga était un des hommes les plus riches en 1994. Il était alors président de la tristement célèbre Radio-télévision libre des mille collines (RTLM), qui a diffusé des appels au meurtre des Tutsi.

Félicien Kabuga est également soupçonné d'avoir contribué en 1993 à l'achat massif de machettes qui seront distribuées aux miliciens en avril 1994. Il est accusé notamment de génocide, incitation directe et publique à commettre le génocide et des crimes contre l'humanité, dont persécution et extermination. Il a plaidé non coupable lors d'une première comparution en 2020.

À la veille du procès, l'accusé a adressé un courrier aux juges dans lequel il affirme ne pas avoir confiance dans son avocat, Me Emmanuel Altit, et refuse de se présenter au tribunal pour l'ouverture de son procès.

Le cœur des accusations du procureur contre Félicien Kabuga porte sur le soutien matériel, financier, logistique et moral qu'il aurait apporté aux milices interahamwes.

En avril 1994, l'homme d'affaires " riche et influent " comme le décrit le procureur se serait retranché à Gisenyi avec les dignitaires du régime. De là, il crée le Fonds de défense nationale, abondé par des hommes d'affaires pour permettre de réarmer les milices interahamwes.

Pour le procureur, Félicien Kabuga aurait aussi incité les attaques des milices par son rôle au sein de RTLM, dont il présidait le comité de gestion. La radio attisait la haine contre les tutsis et désignait parfois nommément les ennemis à abattre.

Au cours de l'audience, le procureur a détaillé les charges et les preuves qu'il entend présenter lors du procès pour obtenir la condamnation de Félicien Kabuga. Le procureur entend s'appuyer sur une cinquantaine de témoignages. L'homme d'affaires rwandais doit répondre de six chefs d'accusation de génocide et crimes contre l'humanité commis au Rwanda entre avril et juillet 1994.

Le procès s'est ouvert avec les déclarations liminaires et sera suivi par la présentation des moyens de preuve à partir du 5 octobre, devant le Mécanisme international appelé à exercer les fonctions résiduelles des Tribunaux pénaux (le "Mécanisme"), chargé d'achever les travaux du Tribunal pénal international pour le Rwanda.

Lors d'une audience préliminaire en août, Kabuga était arrivé en chaise roulante et apparu affaibli. Ses avocats avaient tenté de le faire échapper à un procès au vu de son état de santé.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 100 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.