Burkina Faso: Prise en compte de l'agroécologie à la COP27 - "L'appel d'Addis-Abeba" de la société civile africaine

29 Septembre 2022

Les organisations de la société civile africaine réunies, sous le leadership de l'Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA en anglais), du 19 au 21 septembre 2022 à Addis-Abeba en Ethiopie, pour discuter de la " Feuille de route de l'Afrique " en matière d'adaptation, de résilience et d'atténuation des effets du changement climatique, ont clos leurs travaux par un appel " à la COP27 de placer l'agroécologie au centre de l'adaptation de l'Afrique au climat ".

"Nous demandons à la COP27 de placer l'agroécologie au centre de l'adaptation de l'Afrique au climat, en créant une résilience pour les petits agriculteurs, les pêcheurs, les éleveurs et les communautés autochtones d'Afrique et leurs systèmes alimentaires ". Cette déclaration résume la position de la société civile africaine, à l'issue de la conférence continentale sur le thème : " Feuille de route de l'Afrique pour l'adaptation et l'atténuation à travers l'agroécologie : clarifier la position de l'Afrique pour la COP27 ", du 19 au 21 septembre 2022, à Addis-Abeba, en Ethiopie.

Organisée sous l'égide de Alliance for food sovereignty in Africa (AFSA) ou l'Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique, en collaboration avec le Consortium pour le changement climatique en Ethiopie (CCC-E), la rencontre a réuni plus de 170 personnes issues des organisations représentatives des jeunes, femmes, universitaires, environnementalistes et des scientifiques venues de plus de 30 pays africains. Dans une déclaration finale en six points, la société civile africaine a appelé la COP27 à donner la priorité à l'agroécologie comme moyen de transformer le système agroalimentaire, d'absorber le carbone, de refroidir l'Afrique, de renforcer la résilience et de permettre aux petits agriculteurs, aux éleveurs et aux pêcheurs de s'adapter au changement climatique ; et à l'inclure dans les Contributions déterminées au niveau national (CDN) et les plans d'adaptation nationaux.

L'appel des conférenciers a également porté sur " l'impérieuse " nécessité d'augmenter de manière appropriée et délibérée le financement des petits agriculteurs, des pêcheurs, des éleveurs et des communautés autochtones afin de mettre en place des systèmes alimentaires durables. L'implication des communautés autochtones de manière significative dans les négociations de la COP27 et au-delà a constitué le troisième message fort de la conférence.

La société civile du continent africain a ensuite appelé à " rejeter les fausses solutions qui menacent notre accès à la terre et les semences des agriculteurs qui augmentent la vulnérabilité et qui reposent sur les multinationales de l'agro-technologie ou sur les intrants synthétiques et la monoculture ", et à " mettre en œuvre le plan d'action de la CCNUCC (ndlr : Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques) en faveur de l'égalité entre les hommes et les femmes, y compris la planification, le suivi et la budgétisation, afin de permettre aux femmes et aux filles de prendre les meilleures décisions économiques pour gérer durablement leurs terres, produire et commercialiser des aliments diversifiés, soutenir et nourrir leurs familles ".

Le dernier point clé de la déclaration d'Addis-Abeba est relatif à l'attention urgente à accorder au rôle des enfants et des jeunes dans l'action climatique, l'adaptation au climat et la transformation des systèmes alimentaires. A l'issue de ce rendez-vous continental, le coordonnateur général de AFSA, Dr Million Belay, a indiqué que la rencontre a été un grand succès. " Le bilan de cette conférence est positif, car c'est la première fois que les acteurs africains se réunissent pour parler agroécologie et décider d'une seule voix pour aller à la COP 27.

Eviter les fausses solutions

Le deuxième motif de satisfaction est que tout le monde repart édifié sur les raisons pour lesquelles l'agroécologie doit faire partie des options stratégiques pour l'avenir de l'Afrique ", a-t-il souligné. Dr Belay a particulièrement salué la convivialité avec laquelle la société civile africaine a mené les discussions, sans accros ni clivages. Pour lui, AFSA n'est pas une organisation, mais plutôt une plateforme panafricaine pour discuter et tracer la voie du continent vers la transition écologique. Le directeur général de l'Autorité pour la protection de l'environnement d'Ethiopie, Dr Getahur Gareden Wodaje, a indiqué que cette conférence vient à point nommé.

Car l'agroécologie est un élément clé pour combattre les fausses solutions d'adaptation de l'Afrique au changement climatique. " La déclaration à laquelle vous êtes parvenus n'est pas seulement valable pour aujourd'hui, mais surtout pour l'avenir. L'Ethiopie est fière du travail abattu au cours de la conférence et de ses fructueuses conclusions ", s'est-il réjoui. Il s'est engagé a porté la voix de l'agroécologie partout il est de besoin.

Mahamadi SEBOGO

Windmad76@gmail.com

Depuis Addis-Abeba, Ethiopie

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