Congo-Kinshasa: Train de vie !

Le débat sur la réduction du train de vie en République Démocratique du Congo ressemble, de plus en plus, à une discussion sur le sexe des anges. Qui, vraisemblablement, ne connaitra jamais d'épilogue.

De l'avis des experts, à lui seul, le budget des institutions du pays rafle près de 60% de l'ensemble de la loi de finances de la République toute entière. Un partage éhonté du gâteau national. D'autant plus qu'il ne reste que des miettes pour le petit peuple. Conséquence, il y a des grèves récurrentes des enseignants de l'Esu comme leurs collègues du secondaire ; des médecins et leurs auxiliaires, pour ne citer que ceux-là.

Dans l'entendement des dirigeants, lorsqu'il est question de réduire le train de vie, il faut faire allusion à la restriction des mouvements ou autres voyages qui coûtent à la République. Il n'est nullement question de leurs émoluments, d'autant plus que cela ressort du droit acquis. Plus question de faire marche-arrière. C'est ce qui est à la base de la surchauffe à l'Assemblée nationale sur la fameuse affaire de 21.000 dollars révélée par le président de l'Ecidé, Martin Fayulu Madidi.

Hors d'eux, et par solidarité, les "Honorables Députés" ont rejeté tout en bloc, sans apporter la moindre preuve du contraire. Fayulu Martin a-t-il inventé ce montant ? Rien ne le prouve jusqu'ici. Etant donné que ses propos ont été relayés par un élu issu de ses rangs, donc de l'Ecidé mais également par Delly Sesanga, un autre chantre de la réduction du train de vie. Conséquence, en lieu et place d'apporter les éléments contradictoires, le Bureau de la chambre basse du parlement a plutôt créé une commission pour entendre les élus qui ont confirmé les propos du leader de Lamuka.

Brillant avocat, Sesanga risque de confondre ses collègues membres de la commission, surtout qu'il est lui-même concerné par ces émoluments et ce n'est pas aujourd'hui qu'on va apprendre à l'élu de Luiza les petits calculs mathématiques des avantages et autres émoluments des Députés.

"Tous" parlent au nom du peuple, mais chacun roule pour ses intérêts et ceux de sa famille. Car, même lorsqu'il s'agit de désigner un suppléant, les "Honorables" Députés ne voient plus loin que dans leur famille restreinte, épouse ou enfant. C'est une affaire de famille. Se servir oui, servir vient après.

Encore qu'il ne s'agit pas des députés seulement, il s'agit, dans l'ensemble, de l'homme politique congolais. On s'arrange, même après le mandat, de bénéficier des avantages faramineux, qui ancien président, ancien premier ministre, ancien, ancien,... continuent à vivre aux mamelons de l'Etat. Comme pour dire que le train... de vie avait déjà quitté la gare et qu'il est difficile de le rattraper.

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