Gabon: 7 morts au PK8 - Manque de courage et irresponsabilité !du gouvernement

22 Octobre 2022

S'il est humain de souhaiter ses condoléances et exiger un temps de recueillement après les évènements dramatiques survenus le 20 octobre dernier au quartier PK8, avec la perte de 7 compatriotes à la suite d'un éboulement, chacun de nous doit davantage penser à demain : que faire pour que cela ne se reproduise plus ?

Tout en respectant le deuil de la famille, je trouve ridicules ceux qui s'arrêtent sur l'écume des choses.

Ailleurs, ne vit pas en ville qui veut. Le Gouvernement a la lourde responsabilité de réguler et de normer les conditions de residence dans les villes. Encore faut-il avoir le courage de soulever cet angle d'analyse.

Le Gouvernement actuel n'a de génie et de force à déployer que contre les citoyens qui réclament leur droits ici ou exigent le respect de leurs suffrages ailleurs.

Cependant, pour des questions sociétales et urgentes qui mettent autrement la vie de nos compatriotes en danger, monsieur Ali Bongo Ondimba et "sa ribambelle de bouffe-cadeaux" du Gouvernement sont aux abonnés absents.

Comment un Gouvernement peut-il des décennies durant demeurer spectateur face à un exode rural qui contraint nos compatriotes à s'installer n'importe où à Libreville, notamment sur des terrains à risques et les collines du PK8 ? Celles qui sont pourtant peu propices à la construction ? Car argileuses et susceptibles de céder aux glissements de terrain et autres éboulements ?

À quoi nous servent toutes ces larmes de crocodile des membres du Gouvernement, comme si cela pourrait ramener nos compatriotes à la vie ? Surtout que ce n'est pas la première fois que de tels drames surviennent au PK8 !

Trêve d'hypocrisie !

Et même si monsieur Ali Bongo Ondimba allait lui-même sur le terrain du drame pour apporter on ne sait quel soutien aux familles, cela ne réglera pas le problème de fond.

Si le Gouvernement manque de stratégies, qu'il veuille alors prendre ces mesures courageuses et responsables :

Imposer des critères pour s'installer à Libreville et ses environs afin de freiner un exode rural qui expose nos compatriotes à tous les dangers. Puisque ce même Gouvernement n'aménage que médiocrement les villes et n'a pas construit les 5000 logements promis par an depuis 2009 ;

Exiger un revenu minimum pour résider à Libreville. Ce revenu doit pouvoir permettre d'assurer à chacun un train de vie et un logement décents, soit en location ou en tant que propriétaire, sur un lotissement ne mettant aucunement nos vies en danger en cas de pluies ou autres intempéries (Par exemple 250 000 FCFA/mois, à défaut d'une évaluation conséquente par des fonctionnaires habilités) ;

Renforcer politiquement et financièrement les pouvoirs locaux (Mairies, conseils départementaux) qui seraient en mesure de retenir nombre de nos compatriotes en province, où ils auraient des vies 10 000 fois plus dignes qu'à Libreville. Il n'y a aucune honte à vivre en province. Pour cela, que la loi sur la décentralisation devienne une réalité. Que les provinces bénéficient de budgets conséquents pour déconcentrer l'administration et assurer un développement harmonieux sur l'ensemble du territoire. Que tous les services administratifs essentiels à la vie et des activités économiques soient implantés et durablement soutenus en province ;

Paradoxalement, nombreux parmi ceux dirigent actuellement le pays ont longtemps vécu plus dignement en province avant d'arriver à Libreville. En allant à l'école à pieds, car la carte scolaire y avait construit des établissements de proximité. Parce qu'on pouvait s'approvisionner en eau "potable" (ils n'en sont pas morts) à la source lorsque la SEEG n'existait pas ou faisait des siennes. Au lieu de venir se plaindre à Libreville avec des bidons entre les mains, faisant la queue sur la voie publique en inspirant de la pitié.

Si les provinces étaient dotées d'universités, d'administrations décentralisées ou déconcentrées, c'est selon, certains ne seraient même pas venus à Libreville après l'obtention de leur baccalauréat.

Je m'arrête par là. Parce qu'on pourrait en dire plus.

Petit-fils de planteur de café et de cacao, j'allais aux champs. Même sans argent, les plantations à proximité nous permettaient de préserver notre dignité. Au lieu de venir mener une vie hasardeuse à Libreville.

Mais le PDG et sa politique de caporalisation des esprits, soutenue par le "kounabélisme" et l' "Okoukoutisme", sont venus tout détruire en province. Forçant les nouvelles générations à l'aventure improbable vers Libreville. Avant de les soumettre à l'esclavage d'une fonction publique atypique et à des entreprises contrôlées par le pouvoir politique "criminel" de Libreville.

Je suis attristé par ces pertes en vie humaine mais je ne suis nullement étonné par les conditions de leur survenance.

La force ne sert pas qu'à tuer des Gabonais après les élections présidentielles. La force doit aussi pouvoir servir à organiser, anticiper et contraindre avec raison les citoyens. Pour leur bien. Pour notre bien à tous.

Avec ça, il se trouve des Gabonais qui appellent à la continuité avec monsieur Ali Bongo Ondimba et le PDG en 2023 ?? Mais, vous conservez le pouvoir pour quoi en faire ? Pour quoi en faire ????

Diantre !

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