Congo-Kinshasa: La société civile s'inquiète de la situation humanitaire avec l'avancée du M23

Le Président de la République, Chef de l’Etat de la République Démocratique du Congo a présidé, ce samedi 29 octobre 2022 , une réunion élargie du Conseil Supérieur de la Défense. Il a été question, entre autres, d’expulser, dans les 48 heures après sa notification, Monsieur Vincent KAREGA, l’Ambassadeur plénipotentiaire du Rwanda en poste en République Démocratique du Congo. Et ce, en raison, d’une part, de la persistance du Rwanda à agresser la RDC et à appuyer le mouvement terroriste du M23

Alors que samedi 29 octobre, à l'est de la RDC, les villes de Rutshuru et Kiwanja ont été prises par les rebelles du M23, les combats se sont poursuivis dimanche 30 octobre et plusieurs sources affirment que l'armée a lancé une contre-offensive sur des positions du M23 dans le but de reconquérir les entités prises par les rebelles. Ceux-ci gagnent du terrain sur plusieurs fronts depuis une semaine, forçant des dizaines de milliers d'habitants à se déplacer vers Goma, notamment, à 70 km.

La prise de Rutshuru aggrave davantage encore la situation de la ville, comme l'explique Gentil Karabuka, président de la société civile de Kisigari :

La population est d'abord restée terrée dans les maisons. Les rebelles M23 sont entrés dans les cités en tirant des coups de feu en l'air. Ils ont pillé aussi les kiosques. Les cités de Rustshuru et Kiwanja sont des zones qui étaient occupées par les Forces armées de la RDC et qui ont accueilli des milliers et des milliers de déplacés et dont les rebelles du M23 ont détruit les abris des déplacés dans des stades. Ces déplacés ont été obligés de gagner leurs villages et donc présentement, il y a non seulement la peur mais aussi une obligation de vivre avec les nouveaux occupants.

La société civile congolaise inquiète pour les habitants de Rutshuru

La société civile de Goma appelle la population à la mobilisation générale lundi 31 octobre pour protester contre la percée du mouvement armé, qualifié de " rébellion fictive ", derrière laquelle se cacherait le gouvernement rwandais, selon Placide Nzilamba. Le secrétaire technique de la société civile du Nord-Kivu veut ainsi " mobiliser la communauté internationale ".

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Nous voulons mobiliser la communauté internationale, notamment l'UE et le Conseil de sécurité des nations unis, à bien vouloir jeter un regard sur la RDC, meurtrie par le Rwanda et ses alliés.

La société civile appelle à la mobilisation pour sensibiliser face au M23

Kinshasa a accusé le Rwanda de soutenir le mouvement armé et fait état d'une " arrivée massive d'éléments de l'armée rwandaise pour appuyer le M23 ". Kigali dit " noter avec regret " la décision d'expulser l'ambassadeur rwandais, mais continue de nier toute présence sur le sol congolais. Et ce, malgré le rapport confidentiel des Nations unies d'août dernier attestant le soutien des militaires rwandais au M23, explique le porte-parole adjoint du gouvernement rwandais Alain Mukuralinda :

Le Rwanda ne veut pas monter aux enchères. Il n'y a pas de mesures de rétorsion qui vont être prises. Il n'y a pas d'arrivée massive de l'armée rwandaise pour supporter le M23 comme l'affirme le gouvernement.

Le Rwanda regrette l'expulsion de l'ambassadeur mais nie son implication en RDC et dit qu'il n'y aura "pas de mesures de rétorsion"

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