Afrique de l'Est: Tout en accusant Félix Tshisekedi de haute trahison, Fayulu dit non au processus de Nairobi et à l'adhésion de la RDC à l'EAC

C'est en principe le 21 novembre prochain que les pourparlers de Nairobi dev ront débuter. La dynamique interne n'est pas fav orable à ce énième rencontre pour négocier la cessation des hostilités du M23. Martin Fayulu qui incarne l'opposition, a, à nouveau pris position hier mercredi 16 novembre pour réitérer son opposition à l'adhésion de la RDC à la Communauté économique des pays de l'Afrique de l'Est dans le but de mieux contrôler et de déstabiliser la RDC.

Pour le leader de l'Ecidé, les ennemis de la RDC l'ont emmenée dans la Communauté d'Afrique de l'Est pour que la déstabilisation soit rendue possible notamment, par l'infiltration de toutes les institutions de la République. C'est ainsi que Fayulu s'oppose à tout processus politique mettant autour d'une table le gouvernement et le M23. Et de préciser: "Les agresseurs ont décidé de mettre autour d'une même table le M23 et le gouvernement de fait de la RDC pour appliquer, une fois de plus, la recette de l'infiltration des institutions congolaises, au moyen de l'intégration et du brassage. En réalité, le processus de Nairobi est un processus de validation de nouvelles frontières des territoires conquis en RDC par le Rwanda". Il a, par ce fait, expliquer : "Dans cette combine de Nairobi, il est prévu que M. Tshisekedi ramène un accord de cessez-le-feu qui, malheureusement, aura consacré l'occupation. C'est ce que j'appelle le fait accompli d'occupation. Et, c'est cela le vrai but de cette guerre. En effet, Monsieur Tshisekedi a signé de nombreux accords avec les pays qui nous agressent et aucun de ses accords n'a été révoqué. De ce qui précède, j'accuse Monsieur Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo de haute trahison".

Par ailleurs, " le commandant du peuple " estime aussi qu'un calcul politique se trame derrière ces conflits en expliquant : " M. Félix Tshisekedi et ses mentors sont cyniquement et désespérément à la recherche d'un argument électoral et de conserv ation de pouvoir. Ayant, en effet, constaté que M. Félix Tshisekedi ne pourra pas gagner les élections de 2023, ses parrains sont venus à sa rescousse en imposant à la RDC une guerre qu'il devrait "gagner", à temps voulu, afin de lui donner l'occasion de se présenter en sauveur de la population congolaise qui ne jure que par la paix". Et d'ajouter: "Il aura ainsi "gagné" la guerre mais les territoires conquis par le M23 resteront rwandais et le Rwanda aura allongé ses frontières. Le peuple congolais debout, s'y opposera avec la dernière énergie. Nous disons que la paix se gagne par le combat et non par une trêve. Nous voulons une paix durable et définitive. Toute paix qui viendrait en dehors de l'implication de notre peuple et de nos forces armées, ne pourrait être qu'une paix de façade, comme ce fut le cas avec le CNDP et le M23 1. Le processus de Nairobi obéit au même modus operandi. C'est donc du déjà vu et nous n'en voulons pas". Et ce, de reconnaitre : " La situation que traverse notre pays en ce moment est on ne peut plus grave. Il y a péril en la demeure, et si nous n'y prenons garde, nous risquons d'être les derniers congolais à avoir vécu en RDC dans ses frontières actuelles.

Aujourd'hui, comme hier, les éléments des armées rwandaise et ougandaise, regroupés au sein d'une unité appelée M23, sèment la mort et la désolation dans le Nord[1]Kivu, notamment à Bunagana, Kiwanja, Rutshuru, Rubare, Rumangabo, Rugari. Maintenant, ils avancent vers Goma". Le " président élu " estime en outre que cette situation est également la conséquence de la gestion du dernier processus électoral en soulignant : " Depuis, le Président du Rwanda, M. Paul Kagame, s'est érigé en faiseur de différents présidents qui se sont succédé à la tête de la RDC. C'est inacceptable! Les conséquences de la crise de légitimité et de déni de souveraineté qui en découlent, se font sentir aujourd'hui. Le Rwanda et l'Ouganda se donnent à cœur joie dans la déstabilisation de la partie Est de notre pays qui s'étend dans d'autres parties du territoire national notamment dans le Mai-Ndombe et le Kwilu ". Remplacer la MONUSCO par l'ONURDC A cette occasion, Martin Fayulu a évoqué un nouveau concept lié à l'Opération des Nations Unies en RDC. Tout en s'opposant à ce dialogue de la capitale kenyane, le leader de l'ECIDé a insisté sur le fait qu'on ne peut pas demander à la RDC de dialoguer avec le M23, encore qu'ils ne sont pas Congolais, pendant que le Rwanda refuse de dialoguer avec les FDLR et l'Ouganda avec les ADF.

Et de renchérir : " Le Conseil de sécurité des Nations Unies doit formellement condamner le Rwanda et l'Ouganda et leur demander de retirer leurs troupes de la RDC. Cette agression est, en effet, une violation grave de la Charte des Nations Unies. Il faut en outre trouver une solution immédiate dans le sens d'éloigner les FDLR et les ADF de la RDC", av ant d'appeler au remplacement de la MONUSCO par l'ONURDC.

"Il faut enfin mettre un terme au mandat actuel de la MONUSCO et la remplacer par une nouvelle mission qu'on appellerait ONURDC (Opération des Nations Unies en RDC) avec un mandat offensif de rétablissement de la paix et de maintien de l'intégrité territoriale de la RDC", a-t-il plaidé. Et de conclure que cette guerre doit cesser d'être une combine privée entre les sieurs Tshisekedi et Kagame pour devenir l'affaire de tout un chacun.

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