Afrique: Défaite Sénégal face au Pays-Bas - Les 5 péchés capitaux des sélections africaines en coupe du monde

23 Novembre 2022

La défaite de l'équipe du Sénégal face à la formation des Pays-Bas nous impose d'aborder la question de ce qu'il convient d'appeler : les cinq péchés capitaux des sélections africaines en coupe du monde. Ces formations ne sont pas défaites en coupe du monde par faiblesse, mais beaucoup plus sur des détails. D'une participation à l'autre, ces sélections présentent les mêmes tares et commettent les mêmes péchés. Vivement que la large diffusion de cette modeste réflexion de simple journaliste, permette aux différents sélectionneurs de prendre conscience de l'urgence d'un réajustement d'attitude.

On ne peut s'empêcher de constater que les formations nationales de football du continent sont coutumières de cinq péchés capitaux lors de leurs différentes participations en phase finale de la coupe du monde. Ces péchés portent sur : l'absence de réalisme, le manque d'esprit de conquérant, la culture de l'attitude réactionnaire au détriment de la proactivité, l'incapacité à muer son système de jeu à la résilience de l'adversaire et l'absence d'un joueur détonateur.

1-L'absence de réalisme

Il est sans conteste que de plus en plus aujourd'hui, la chose la plus importante au cours d'un match de football est le but. Au-delà du football champagne ou du football spectacle à la brésilienne, scorer est la chose la plus attendue au cours d'une rencontre. Les supporters peuvent acclamer des beaux gestes techniques, mais ce qui produit le plus de sensation, le plus de réjouissance reste et demeure le but. C'est d'ailleurs le nombre de buts marqués qui permet à une sélection soit de remporter la rencontre et au mieux d'obtenir un meilleur " goal average ". C'est pour cela que les sélections des autres continents ont cultivé auprès de leurs attaquants, le réalisme qui veut que face au gardien de but, un bon attaquant doit toujours marquer. Tout au moins, il est réclamé aux attaquants sous d'autres cieux, de concrétiser une occasion de but sur deux. Dans les sélections européennes et latino-américaines, c'est le nombre de réalisations voire de buts qui caractérise le bon attaquant. Parler donc d'attaquant dans ces sélections-là, c'est encore parler d'un buteur, d'un réaliste, d'un opportuniste et surtout d'un finisseur. Pendant ce temps, les attaquants des sélections africaines brillent par le nombre d'occasions ratées, les dribles inutiles à l'intérieur de la surface de réparation, les actes d'égoïsmes et les maladresses face au gardien.

2-Le manque d'esprit conquérant

En observant l'attitude des sélections africaines de football lors des éditions antérieures de la coupe du monde, on arrive au constat que l'une des faiblesses qu'elles présentent est l'absence d'un esprit conquérant. Tout se passe comme si les sélections africaines manquent de foi, de conviction et d'engagement. On voit plus des équipes qui sont fières de participer à la coupe du monde, que celles qui se donnent comme ambition de remporter ce trophée planétaire. C'est en cela que les propos du président de la fédération de football du Cameroun sur l'ambition de remporter ce trophée ont été interprétés sur le contient comme de la prétention. Parce que l'esprit conquérant n'existe pas dans les gènes des sélections africaines. Le " Yes we can " est plus une affaire des autres. C'est ce manque d'esprit conquérant qui pousse les équipes africaines au pire, à éviter des défaites ridicules au premier tour et au mieux à se qualifier pour le second tour et de s'arrêter là.

3-Le développement de l'attitude réactionnaire et non proactive

Une autre tare des sélections africaines de football est de ne jamais se disposer à prendre le contrôle de la rencontre, plutôt de la subir et de réagir en conséquence. Les sélections africaines ne savent pas imposer leur jeu au point de mettre l'adversaire en situation de panique. Elles se contentent toujours de jouer en fonction de l'adversaire, de lui résister autant qu'elles le peuvent. Ces sélections, à force de subir la rencontre, finissent par être celles qui cherchent à égaliser et jamais celles qui cherchent à aggraver le score. Même lorsque les sélections africaines ont un adversaire à leur portée, elles se contentent de faire des belles constructions de jeu qui n'aboutissent presque jamais par des buts. Et même si par impossible, une sélection africaine a l'avantage du score, elle se fait rattraper et plus tard perdre la rencontre.

4-L'incapacité à muer son système de jeu à la résilience de l'adversaire

Les équipes africaines arrivent sur le terrain avec un système de jeu clairement identifiable qui peut porter sur le développement de l'offensive à partir des couloirs ou à partir de l'axe. Mais une fois que l'adversaire élève une résistance ou contrecarre ce système de jeu, on voit comment les sélections africaines peinent à changer de système de jeu au cours du match. Toute chose qui entraîne le plus souvent une espèce de désarmement, une fois que leur système de jeu se trouve contrecarré par l'adversaire. Tout se passe comme si les entraineurs ne prévoient pas des systèmes de variations de jeu au cas où l'adversaire venait à opposer une résistance au système de jeu prévu. Coincées, les sélections africaines abdiquent et laissent l'adversaire imposer son système de jeu et on connait la suite.

5-L'absence de joueurs décisifs et libérateurs

On retrouve très peu voire très rarement au sein des sélections africaines, des joueurs libérateurs, véritables espoirs des équipes, capables de prendre le match à leur compte et de le faire basculer. Quand bien même ce genre de joueur existe, les autres ne savent pas organiser le jeu autour de lui ou de profiter du fait que l'équipe adverse consacre trois joueurs pour le contenir et profiter de cette faille pour marquer les buts par d'autres co-équipiers. Les sélections africaines ont véritablement le niveau de la coupe du monde. Certains de leurs joueurs évoluent dans des grands championnats dans lesquels ils brillent souvent de mille feux. Ces joueurs ne deviennent pas subitement faibles une fois revenus dans leurs sélections nationales. Ce sont les cinq péchés capitaux développés et commis régulièrement par l'ensemble du groupe qui sont à l'origine des parcours peu reluisants des équipes africaines en coupe du monde. Aux encadreurs donc de savoir en tirer leçons pendant qu'il est encore temps.

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