Ile Maurice: Achats et offres d'emploi - Il ne faut pas croire au Père Noël

28 Novembre 2022

Face à la cherté de la vie, des Mauriciens traquent les bonnes affaires mais aussi des offres d'emploi sur les réseaux sociaux, histoire d'arrondir leurs fins de mois. Hélas, plusieurs se font plumer par les pseudo-commerçants. Une pratique qui pullule sur la Toile surtout en marge des fêtes.

Télévisions à Rs 6 000, baskets pour femmes à rabais, sacs, vêtements et chaussures de marque à Rs 500, conseils "genuine" pour paris footballistiques qui rapportent gros : autant d'offres alléchantes qui se multiplient sur Facebook, notamment. Seule exigence : payer d'avance 'virtuellement' avant la livraison de la commande, qui hélas ne viendra jamais dans plusieurs cas.

"Des arnaques, on en voit tous les jours et de toutes sortes", dénonce Kane Wick, un internaute qui publie régulièrement des alertes pour avertir les consommateurs, sur un groupe en particulier. Depuis l'an dernier, il observe des transactions suspectes de certains utilisateurs vendant des téléphones portables et plus récemment des téléviseurs. "Une personne, ayant été victime des malfrats a alerté les gens sur Facebook pour les dénoncer. Je publie ces informations sur le réseau pour les avertir aussi", poursuit-il. Il évoque également des tips relatifs aux paris sportifs avec des gains mirobolants à la clé et même des reçus à l'appui. Sauf que, prévient-il, ces sommes en question n'ont jamais été remportées par le prestataire qui utilise également un sobriquet. "De plus, d'autres internautes publient des commentaires positifs pour faire croire que c'est une aubaine authentique. Or, après avoir empoché l'argent, ces fraudeurs suppriment leurs pages ou bloquent les 'clients' en question", prévient-il.

Selon Suttyhudeo Tengur, président de l'Association pour la Protection de l'Environnement et des Consommateurs (APEC), ces arnaques sont récurrentes, surtout à l'approche des fêtes. "Ces pseudocommerçants pensent qu'ils ne sont pas punissables aux yeux de la loi, qu'ils pourront difficilement être retracés. Ces infractions nécessitent que la police enquête mais aussi que le cas passe en cour. Mais le fait que cela prenne du temps encourage plusieurs à s'adonner à ces pratiques frauduleuses."

Le risque d'arnaque ne se limite pas uniquement aux ventes de produits ou de conseils. D'autres annonces font état d'offres d'emploi en télétravail, dotées de belles primes. Là encore, les 'cibles' qui tombent dans le panneau exécutent à la tâche mais les recruteurs, eux, disparaissent dans la nature... sans honorer le moindre salaire. Jayen Chellum, secrétaire général de l'Association des Consommateurs de l'Ile Maurice, mentionne des opportunités d'emploi de traduction et de rédaction. Une offre à laquelle plusieurs jeunes ont répondu sans jamais être payés. Il constate une hausse au niveau de ces arnaques. C'est d'ailleurs pour cela que la constitution d'un comité a été prise par l'ICTA pour les doléances des banques et autres, déclare-t-il. "Nous avons travaillé avec l'ICTA sur les conseils par rapport aux achats virtuels. Il faut faire très attention. Une fois l'affaire conclue, le vendeur disparaît ou alors les articles, qui paraissaient très abordables, sont finalement de mauvaise qualité ou défectueux", affirme-t-il.

Quels recours si on est victime de ces arnaques ? Selon Jayen Chellum, le consommateur doit rapporter le cas au ministère du Commerce et celui de la Technologie ainsi qu'à la police qui fera le suivi. "Il est plus facile de retracer les vendeurs locaux qu'internationaux", confie-t-il. Quel est le rôle des institutions financières si la transaction a été payée par le "Cashless system" ? Évidemment, celles-ci doivent être averties de l'arnaque. D'après un cadre d'institut financier, le recouvrement de la somme déboursée au faux commerçant n'est pas toujours possible. S'il est à Maurice et a pu être retracé et identifié puisque souvent, il utilise un faux nom, les chances sont plus grandes. En revanche, celles-ci s'amenuisent si le contrevenant opère dans des pays très lointains.

Un projet pour un commerce électronique plus sécuritaire

Un projet préconisant un commerce électronique plus sécuritaire est en cours d'élaboration. Des "draft recommendations" des autorités devraient bientôt être finalisées. Par exemple, il est conseillé de sécuriser son propre appareil (portable ou tablette) en le verrouillant s'il n'est pas en cours d'utilisation et de ne pas télécharger de logiciels de sites inconnus. Attention aussi aux annonces sur les réseaux sociaux qui peuvent vous sembler authentiques mais qui ne le sont pas. Aussi, il est impératif de bien vérifier les prix du marché comparés aux superbes escomptes ou tarifs dérisoires qui vous sont proposés par le fournisseur. C'est un des indicateurs permettant de flairer l'arnaque. Les revues des usagers peuvent aussi vous fournir des informations mais attention, ces commentaires peuvent aussi être erronés. Il faut vérifier si les sites sont authentiques, notamment à travers Google's Safe Browser Transparency. Il importe aussi de connaître le commerçant et de voir comment effectuer tout paiement en toute sécurité. Par exemple, en payant à la livraison au lieu de le faire à l'avance. "Il ne faut pas se fier à ces sites et toutes sortes d'annonces. Je conseille aux consommateurs de prendre un autobus, d'aller faire les magasins directement et de payer avec leur propre argent plutôt que d'aller vers des pages obscures qui leur feront perdre davantage leurs économies", souligne Kane Wick.

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