Madagascar: JIRAMA - Mandat d'arrêt contre le DG, MD pour trois directeurs

Plusieurs cadres de la Jirama sont épinglés par le pôle anti-corruption. L'ancien directeur général est sous la coupe d'un mandat d'arrêt.

Coup de théâtre au sein de la Jirama. Plus d'une trentaine de cadres de cette compagnie nationale d'eau et d'électricité sont actuellement sous la coupe d'une poursuite judiciaire. Après une enquête pour corruption concernant l'affectation d'une partie du budget de la Jirama, et qui a débuté il y a quelques mois, la section Antananarivo du pôle anti-corruption vient de resserrer l'étau autour de ces dirigeants de la compagnie, à commencer par son numéro un. La juridiction spécialisée a émis un mandat d'arrêt contre l'actuel directeur général par intérim, Rivo Radanielina, et veut mettre la main sur lui. L'ancien patron de la Jirama, Vonjy Andriamanga, serait également victime du même sort que son successeur, au même titre que son ancienne directrice de cabinet, Onja Rasamimanana.

Liberté restreinte

D'autres membres du staff technique de la Jirama subissent également la mesure préventive de la justice, notamment les trois directeurs qui ont été mis sous mandat de dépôt dans la maison centrale d'Antanimora. Trente autres directeurs, quant à eux, seront mis sous contrôle judiciaire et sont confrontés à une liberté bien plus restreinte. Ces derniers ne seront pas autorisés par la Justice à quitter Antananarivo et Antsiranana et devront également acter leur présence auprès du tribunal chaque mois. Toutefois, ces dirigeants ne sont pas encore relevés de leurs fonctions respectives au sein de la compagnie malgré l'existence de ces poursuites du pôle anti-corruption.

Frondeurs

Depuis quelques mois, la Jirama a attiré les projecteurs. L'évaluation initiée au mois d'octobre par son conseil d'administration et sous l'impulsion du ministère de l'Énergie et des Hydrocarbures a bousculé les habitudes au niveau de cette compagnie. Pourtant, la volonté de Andry Ramaroson, ministre de l'Énergie et des Hydrocarbures, de porter en public certains aspects de ce grand oral des cadres de la Jirama n'a pas été appréciée par les employés. Les syndicats et le comité d'entreprise au sein de cette compagnie d'eau et d'électricité sont sortis de leur silence et dénoncent la démarche de Andry Ramaroson, qui refuse de céder le pas face à la pression. Le camp du ministre décide même de riposter. Sur son compte Facebook, le directeur de cabinet de ce membre du gouvernement a vilipendé les frondeurs.

Document en fuite

Dans la foulée, un document a fuité et cite le nom du ministre de l'Énergie et des Hydrocarbures dans l'achat d'un véhicule. Ce " contrat " expose les procédures d'achat et le transfert de propriété après les échéances de crédit pour l'acquisition du bien. Le logo de la Jirama apparaît sur ce document et les paraphes des contractants émargent les pages. Deux signatures sont également visibles en dernière page de ce " contrat ". L'authenticité du document n'a pas encore fait l'objet d'une confirmation ou non au niveau des différentes entités concernées. Pourtant, la circulation de ce document sur les réseaux sociaux a créé l'indignation dans une situation où les finances de la compagnie sont au rouge et les délestages interminables qui alimentent la grogne chez les usagers.

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