Afrique: L'événement |1er Sommet sino-arabe 2022 - La Tunisie s'ouvre au géant asiatique

30 Novembre 2022

Le premier Sommet sino-arabe se tiendra le 9 décembre prochain, dans la capitale saoudienne Riyadh. Ce sommet représente une mutation qualitative dans le processus des relations de coopération sino-arabes. Il devrait proposer des projets, des initiatives et des opportunités d'investissement, à même de permettre de booster la coopération économique entre la Chine et les pays arabes.

La Tunisie, qui participera aux assises de ce sommet, a affirmé, à maintes reprises, la nécessité de renforcer la coopération économique et commerciale avec le géant asiatique, d'accélérer le rythme des investissements et d'intensifier les rencontres entre les acteurs économiques des deux pays.

Les pays arabes et la Chine entretiennent des relations fortes dans presque tous les domaines. Les dirigeants chinois sont à l'offensive dans le monde arabe. En témoigne d'ailleurs la signature de plus de 300 accords de partenariats commerciaux entre l'Empire du Milieu et les pays arabes depuis l'organisation du premier Forum sino-arabe en 2004.

Les exportations chinoises vers les pays arabes sont passées de 10 milliards de dollars en 1990 à 220 milliards en 2016. Mieux encore, 48 % des importations totales de pétrole consommées par la Chine proviennent du monde arabe. Aujourd'hui, les deux entités souhaitent faire du commerce chinois dans les pays arabes un nouveau levier de partenariat avec la possibilité d'investir 300 milliards, bien avant 2025.

Partenariat stratégique

A l'échelle nationale, la Chine accorde une grande attention au développement des relations avec la Tunisie, et durant l'année en cours, les deux pays ont renforcé leur amitié, leur solidarité et leur coopération, et ont ainsi fait de nouveaux progrès importants dans leurs relations bilatérales.

Aujourd'hui, la Chine préconise un nouvel ordre mondial, se présentant comme le défenseur des peuples africains, pratiquant un pragmatisme à toute épreuve. Elle semble, déjà, avoir convaincu la moitié des pays africains par un partenariat économique et politique accepté, car performant.

Quoique la Tunisie ne constitue pas un marché important pour la Chine, d'amples opportunités existent, de financement, mais aussi d'investissement dans l'infrastructure, la chaîne d'approvisionnement, de production de valeurs, ainsi que des solutions, dans le transfert de technologie, dans le partenariat pour le développement, le savoir et l'innovation, et la Tunisie peut en profiter dans les années à venir.

Une palette de projets sont envisageables pouvant intéresser la Chine et la Tunisie dans divers secteurs, tels que les infrastructures de connectivité : (câble de fibre optique Singapour - Marseille via Bizerte), le réseau énergétique : (connexion Gabès - Malte et Tabarka - Rome), le réseau électrique : "Désertec" incluant le photovoltaique, et bien d'autres projets routiers, ferroviaires, portuaires et d'intégration de la Tunisie dans la chaîne globale d'approvisionnement et de production de valeurs dans les secteurs de l'énergie, de l'eau, de la santé, l'industrie pharmaceutique, de l'agriculture...

La Tunisie est appelée aujourd'hui à saisir les opportunités de renforcement des liens avec une Chine qui monte en puissance (première dans la production aussi bien que dans le commerce). En effet, la Chine est sur la voie d'occuper la première place à l'horizon et il est souhaitable que la Tunisie puisse tirer parti de sa dynamique de développement.

En somme, des possibilités d'investissement peuvent être exploitées, aussi bien dans le secteur des phosphates, que celui de la recherche-développement et le tourisme.

La Tunisie, sous influence européenne et enclavée par rapport à l'Afrique, n'est certes pas sur la route de la soie, mais elle peut se positionner par rapport à la transsaharienne qui pourrait intéresser la Chine.

Par ailleurs, la Tunisie pourra, sans doute, diversifier ses relations commerciales, qui exigent de développer davantage l'enseignement des langues (anglais, chinois entre autres) et le transport maritime, mais aussi à augmenter notre production et conquérir de nouveaux marchés.

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