Congo-Kinshasa: Nairobi III - Tshisekedi durcit le ton contre le M23

Le troisième round des pourparlers de paix dans le cadre du processus de Nairobi s'est ouvert le lundi 28 novembre à Nairobi sous le coup de 14 heures locales soit, 12 heures à Kinshasa. Il devra se clôturer, sauf imprévu, le samedi 3 décembre prochain. Mais le M23 n'y est pas représenté.

Une centaine de participants dont une cinquantaine de délégués des groupes armés sont venus de l'Ituri, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Tanganyika ainsi que des représentants de la société civile desdites provinces. La province du Nord-Kivu a bénéficié d'un quota de 40 délégués représentant 21 groupes armés alors que le Sud-Kivu est représenté par des membres de 5 groupes armés les plus actifs parmi lesquels Twiraneho-Makanika et Ngumino.

Des participants issus des groupes armés locaux qui n'avaient pas pris part aux deuxièmes pourparlers d'avril 2022, se sont ajoutés à d'autres groupes armés locaux basés en Ituri dont notamment le FRPI, la CODECO (10 délégués) et le FPIC. D'entrée de jeu, les délégués à ce troisième round de la capitale kenyane ont soutenu l'option d'une cessation immédiate des hostilités en vue d'une réinsertion sociale dans le cadre du P-DDRCS.

Tshisekedi, Kagame et Museveni en vidéoconférence

Les trois chefs d'Etat à savoir : le Congolais Tshisekedi, le Rwandais Kagame et l'Ougandais Museveni, n'ayant pas fait le déplacement de Nairobi, sont intervenus en vidéoconférence.

Félix Tshisekedi, dans son adresse, a conditionné l'intégration du M23 dans les discussions de Nairobi pour la paix à l'Est de la RDC par le respect " strict " des résolutions du dernier mini-sommet de Luanda. Ce, avant de l'inviter à s'engager au programme de désarmement, démobilisation, réinsertion communautaire et sociale (DDRCS).

Et de rappeler à cet effet : "Le communiqué final du mini-sommet de Luanda du 23 novembre dernier préconise je cite : la cessation des hostilités, le retour sur leur position de novembre 2021 et l'intégration dans le programme du DDRCS. C'est donc à ces seules conditions que vous intégrerez ces consultations dans le cadre du processus de Nairobi comme tous les autres groupes armés".

Le Président de la République a exhorté les participants à Nairobi en ces termes : " Le moment est venu de changer le récit de la RDC ayant une insécurité prolongée. Nous sommes attachés au processus de Nairobi dirigé par la CAE et aspirons à la paix, afin que nous puissions reconstruire la grande République Démocratique du Congo ".

Pour sa part, le Président Paul Kagame a affirmé : " Nous devons nous attaquer une fois pour toutes à la cause profonde de l'insécurité dans l'est de la RDC" avant de féliciter la Communauté de l'Afrique de l'Est (EAC) pour sa réponse rapide dans la recherche de la restauration de la paix à l'Est de la République démocratique du Congo.

Tandis que le Président Yoweri Museveni a indiqué: "Ces groupes armés qui causent l'insécurité peuvent être vaincus si nous harmonisons nos efforts. Nous devons nous attaquer au problème des armes à feu illégales dans l'est de la RDC ".

Appel à la convivialité

Dans son mot d'ouverture, le Président Burundais Evariste Ndayishimiye, en sa qualité de président en exercice de la communauté de l'Afrique de l'Est (EAC), a invité les protagonistes à aborder les différentes questions dans un esprit de convivialité pour le rétablissement de la paix tant souhaitée par les dirigeants de la sous-région.

" Je souhaite vous demander d'aborder les échanges dans un esprit ouvert, flexible et fraternel. Travailler en ayant à l'esprit que personne d'autre ne viendra bâtir la paix chez vous en RDC. (... ) Travaillez en sachant que le même satan qui vous incite à vous entredéchirer au lieu de gérer ensemble le beau cadeau que le bon Dieu vous a offert, ne réservera pas à vous apporter des ennuis, en vous emmenant des rapaces qui ne viendront que pour vous piller ", a lancé le Président Evariste Ndayishimiye.

C'est l'occasion pour le Président burundais d'appeler les Nations-unies à financer les opérations militaires de l'EAC dans l'Est de la RDC en précisant : " Nous demandons aux Nations-unies d'apporter un soutien financier au processus de Nairobi relatif aux opérations militaires des forces de l'EAC sans oublier d'appuyer logistiquement le dialogue inter congolais " avant d'inviter tous les groupes armés à déposer les armes.

Et d'enchainer : " Pour vous les parties concernées, c'est en mettant en application toutes mesures prises dans le sommet des chefs d'Etat de Luanda et en privilégiant les consultations qui se suivent depuis Nairobi 1, Nairobi 2 et Nairobi 3 aujourd'hui que vous aurez à réussir le pari d'arriver à une paix et stabilité durable pour vous tous ".

Le Président en exercice de l'EAC Ndayishimiye a rassuré le peuple congolais du soutien de cette communauté pour la restauration de la paix dans l'Est du pays en indiquant : "Chers Congolais, ceux qui ont pris les armes pour l'autodéfense n'ont plus raison car, la région est là pour vous aider. La région restera avec vous, les armées de la région resteront avec vous pour assurer votre sécurité jusqu'à ce que le gouvernement de la RDC se constitue une armée et une police qui seront protectrices de tout le monde ".

De son côté, Uhuru Kenyatta en sa qualité de facilitateur de ce forum, a insisté sur les efforts qui doivent être multipliés pour le rétablissement de la paix à l'Est du pays.Aucun effort ne doit être épargné pour rétablir la paix et la sécurité dans l'Est de la RDC.

La délégation du gouvernement congolais est conduite par le Vice-premier ministre en charge des Affaires étrangères, Christophe Lutundula.

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