Congo-Kinshasa: Le ras-le-bol

L'Eglise catholique a mobilisé du monde hier dimanche 4 décembre pour dénoncer l'agression et la tentative de balkanisation de la RDC. La première marche pacifique de soutien à l'initiative des prélats catholiques favorable au pouvoir en place. C'est cette énième guerre d'agression qui a fini par mettre tout le monde d'accord.

Il sied de rappeler que le 16 février 1992, des milliers de fidèles étaient descendus dans les rues de Kinshasa, pour une marche pacifique. L'appel a été lancé par une association des laïcs catholiques. Ils revendiquaient la réouverture de la Conférence Nationale Souveraine (CNS), fermée le 19 janvier 1992 par Feu le premier ministre Nguz-a-Karl-i-Bond. Plusieurs morts et blessés pour une manifestation qui s'est voulue pacifique.

Tandis que sous Joseph Kabila, le Comité laïc de coordination (CLC), collectif proche de l'Eglise catholique et reconnu par le Vatican, va catalyser les efforts des populations au cours d'une série de manifestions pour exprimer son opposition au troisième mandat alors que Kabila Joseph venait d'épuiser le délai constitutionnel le limitant à deux mandats. Il s'en est suivi des morts et plusieurs blessés.

Pour cette fois, cette marche encadrée par la police, s'est déroulée sans heurt jusqu'au Palais du peuple. C'est l'occasion pour l'Église catholique d'appeler le gouvernement à suspendre la participation de la RDC à la Francophonie et à quitter la communauté des Etats d'Afrique de l'Est. Elle a, par ailleurs, exprimé le vœu de voir la Monusco quitter le pays. Il est reproché aux casques bleus, leur passivité vis-à-vis du M23. Les Etats-Unis, la France, la Belgique, la Grande Bretagne... ont été ciblés par les catholiques de la RDC comme les principaux instigateurs de la balkanisation de la RDC avant d'exiger la suspension de la participation de la RDC à l'OIF...

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Cette prise de position de l'Eglise catholique doit être prise au sérieux dans les chancelleries occidentales au regard de l'injustice dont les Congolais sont victimes depuis l'insécurité créée par le Rwanda et l'Ouganda, dans sa partie orientale. Une partie des populations vit sous le joug des agresseurs dans les territoires occupés.

La RDC continue de compter ses morts pendant que l'Union européenne qui l'empêche de se doter des moyens militaires pour défendre l'intégrité de son territoire, vient de débloquer en faveur du Rwanda près de 20 millions € pour sa campagne militaire au Mozambique. Une attitude qui choque tout le monde alors que la RDC achève aujourd'hui son deuil de trois jours à la suite des massacres d'une centaine de Congolais perpétrés par le M23 soutenu par l'armée rwandaise, dans la localité de Kishishe, au groupement Bambi, dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu.

Tous les organismes internationaux se taisent devant cette injustice vis-à-vis de la RDC à qui on exige tout en terme de conditionnalité pour l'octroi d'une aide mais rien quand il s'agit du Rwanda.

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