Mozambique: Les autorités se veulent optimistes sur la reprise imminente des projets gaziers et miniers

La réouverture fin novembre du port clé de Mocimboa da Praia, desservant un projet gazier de plusieurs milliards de dollars dans le Nord du pays, semble redonner l'espoir sur la reprise dans un futur proche des activités des sociétés pétrolières, gazières et autres qui avaient fui cette région à cause des attaques djihadistes.

Cela dit parce que plus personne ne doute de l'imminence de cette relance depuis qu'un bateau appartenant à Mozambique GNL est arrivé sur place avec une cargaison de carburant, de voitures, de tracteurs et divers équipements pour des entreprises opérant dans la ville de Palma, située à 80 km au Nord.

Convaincus que les projets suscités vont indubitablement contribuer au développement de leur pays, les autorités mozambicaines et la population s'impatientent du retour des sociétés pétrolières et autres qui exerçaient dans la région.

Malgré la longue expectative, tous voient dans l'arrivée des équipements flambant neufs à Palma un signe que l'heure a sonné pour le redémarrage des activités dans certaines entreprises. Ils pensent que TotalEnergies, par exemple, qui dispose d'un projet de gaz naturel liquéfié à Mocimboa da Praia, ne tardera plus à revenir sur le sol mozambicain.

Cette société française avait été contrainte de suspendre son projet gazier d'un montant de 16, 5 milliards d'euros suite à une attaque d'ampleur en 2021 dans la ville côtière de Palma.

Outre le géant français de l'énergie, les Mozambicains - toutes classes confondues -, espèrent que d'autres sociétés qui étaient auparavant implantées dans leur pays vont y revenir pour se consacrer à l'exploitation et l'exploration des ressources naturelles.

Ces attentes concernent, entre autres, un projet à l'arrêt, dirigé par l'Américain ExxonMobil ; et un autre conduit par l'Italien Eni qui a maintenu son objectif de production à partir de ce semestre. S'y ajoute un projet du groupe minier britannique Gemfields qui a annoncé en octobre dernier la suspension de ses activités dans une importante mine de rubis du Nord du Mozambique à la suite d'une attaque djihadiste contre un site minier voisin.

Cette attaque visait une mine de rubis de la société Gemrock, basée en Inde, voisine de la Mine de Rubis de Montepuez, détenue en majorité par Gemfields et considérée comme la plus grande mine de rubis du monde.

Et c'est notamment suite à cette attaque dans la province reculée du Cabo Delgado, proche de la Tanzanie, que Gemfields avait lancé le processus d'évacuation des employés opérationnels et des contractuels. Il en est résulté la cessation des opérations minières de la société sur le site.

Les ressources naturelles de la région concentrent les regards du peuple

Au sujet de l'éventuelle reprise de projets de compagnies étrangères dans le pays, les ressources naturelles de la province du Cabo Delgado concentrent les regards des Mozambicains. Le président du Mozambique, Filipe Nyusi, reste quant à lui optimiste.

Avec son gouvernement, il espère la reprise sans attendre longtemps du mégaprojet de gaz naturel du groupe français TotalEnergies, qui a officiellement suspendu ses opérations l'année dernière. " Nous considérons pertinent d'envisager la possibilité de reprendre le développement des travaux de construction ", a déclaré le chef de l'Etat mozambicain en référence au projet de TotalEnergies, assurant que la situation sécuritaire était désormais " plus stable ".

Les insurgés liés au groupe État islamique s'étaient emparés, il y a deux ans, de la ville portuaire de Mocimboa da Praia, dans la province pauvre mais riche en ressources naturelles de Cabo Delgado, en faisant leur siège de facto et en coupant toutes les activités commerciales. Mais depuis le déploiement des forces africaines - celles du Rwanda en tête -, pour soutenir l'armée régulière, la paix est revenue progressivement dans la région, permettant à la plupart des déplacés de rentrer chez eux.

Dans un tel climat, l'armée rwandaise affiche sa confiance : elle veut convaincre de l'efficacité de son modèle de coopération et se targue d'avoir sécurisé les districts de Palma et Mocimboa da Praia, jadis des foyers des djihadistes. " Les seuls incidents recensés sont désormais des attaques isolées qui impliquent très peu d'individus, les insurgés n'ont plus de bases d'envergure. Nous pouvons affirmer dans une large mesure qu'ils ont été défaits ", a assuré le général Ronald Rwivanga, porte-parole de l'armée rwandaise.

Pour mieux sécuriser la région et à l'instar de l'Union européenne qui contribue à l'entraînement des Mozambicains, le Rwanda annonce s'engager dans la réforme des forces de sécurité, préalable à un passage de relais, mais sans envisager une date de fin. " Je ne pense pas pouvoir donner un calendrier, c'est un processus long ", a confié le général Ronald Rwivanga.

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