Des violences ont éclaté jeudi 16 février dans les rues du grand Conakry, mettant aux prises des jeunes manifestants, militants et sympathisants du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) aux forces de l'ordre. Au lendemain de ces échauffourées, Mory Condé, le ministre de l'Administration du territoire et de la décentralisation, a reconnu des blessés, mais n'a fait aucune allusion aux décès évoqués par le FNDC.
Dans un communiqué publié jeudi 16 février dans la soirée, le FNDC a rapporté la mort de deux manifestants lors des violences qui ont émaillé les manifestations du jour. Ibrahima Diallo, 16 ans, et Abdul Karim Bah, 19 ans, seraient morts lors des échauffourées dans le Grand Conakry.
Vendredi, Mory Condé a pris la parole. Le ministre de l'Administration du territoire et de la Décentralisation a livré son rapport des événements. Et il n'a aucunement parlé de ces deux décès avancés par le FNDC.
Dans une allocution rapportée par notre correspondant à Conakry, Mouctar Bah, le ministre a dépeint des scènes de " guérilla urbaine " qui ont fait beaucoup de dégâts :
" Malgré les efforts fournis par le CNRD (Comité national du rassemblement pour le développement) et le gouvernement, des individus sans autorisation préalable ont organisé une guérilla urbaine dans la nuit du 15 au 16 février dans certains quartiers du Grand Conakry, empêchant les citoyens de vaquer librement à leurs activités quotidiennes. "
" Les violences volontairement perpétrées par ces hors-la-loi sur des citoyens et leurs biens, sur des enfants mineurs, sur des femmes ainsi que sur des forces de l'ordre ont eu pour conséquences : huit citoyens blessés à la suite des altercations entre les forces de maintien de l'ordre et les adolescents poussés par les commanditaires de la guérilla, 20 agents des forces de l'ordre et gendarmes blessés, dont sept dans un état grave et en soins intensifs. "
Mory Condé a annoncé un renforcement des mesures de maintien de l'ordre et lancé un avertissement aux groupes qu'il considère responsables de troubles :
" Au regard des menaces de plus en plus grandissantes mettant en péril l'intégrité physique des citoyens, nous avons pris la responsabilité légale de solliciter le concours des forces armées pour appuyer les forces de police et la gendarmerie qui étaient en difficulté pour maintenir et rétablir l'ordre public. Les organisations politiques et sociales dont les responsabilités pénales seront établies par la suite des procédures judiciaires par les autorités compétentes, se verront appliquer des sanctions allant de la suspension jusqu'au retrait de leur agrément. "
Nous avons pris la responsabilité légale de solliciter le concours des forces armées pour appuyer les forces de police et la gendarmerie qui étaient en difficulté pour maintenir et rétablir l'ordre public
Guinée: Mory Condé, ministre de l'Administration du territoire et de la Décentralisation, réagit aux violences du 16 février en banlieue de Conakry
Le FNDC conteste les chiffres du gouvernement
Les leaders du Front national de défense de la Constitution déplorent deux morts au sein de leur groupe. Selon Sekou Koundouno, responsable de la stratégie de planification du FNDC, le parti n'est pas prêt à baisser les bras. " Ces morts, deux jeunes gens, ont été confirmées par les médias locaux, télévision, radio ou sites d'information ; les témoignages ont été le fait des familles des victimes ".
Le FNDC appelle à l'ouverture d'un dialogue sous l'égide de la CEDEAO et la libération des otages politiques. Il annonce de nouvelles manifestations pour les prochains jours.