La plus puissante centrale hydro-électrique du Cameroun, celle de Nachtigal, sera bientôt opérationnelle. Sa mise en service est annoncée pour 2024. À termes, elle doit fournir au pays plus d'un tiers de son électricité. D'importantes retombées économiques sont attendues, notamment pour l'industrie. Mais déjà dans la région, les travaux de construction ont contribué à la création de milliers d'emplois. Dans sa période la plus dense, le chantier a mobilisé entre 3 500 et 4 000 travailleurs.
Si les hommes restent majoritaires, sur le chantier, les emplois sont aussi ouverts aux femmes. C'était un engagement de la Nachtigal Hydro Power Company (NHPC), la société camerounaise chargée de concevoir et d'exploiter la future centrale hydro-électrique. Dia Iya en est la responsable communication et relations publiques. Elle explique :
« On a sensibilisé tous nos sous-traitants au recrutement de femmes. Au pic du chantier, on a eu 30% de femmes, ce qui est assez important au Cameroun. On a eu des ferrailleuses, des conductrices d'engins. Mais on a aussi des femmes qui se déploient dans le domaine santé-sécurité, soit pour faire de la supervision, soit pour faire de la sensibilisation. »
Au pic du chantier, 94% des travailleurs étaient Camerounais, selon la NHPC, et 60% étaient issus de la population locale. Plusieurs d'entre eux ont bénéficié de formations spécifiques. Orso Vesperini est le directeur général délégué de NGE, le groupe français de BTP mandaté pour construire le projet.
« Quand on amène des machines ou des techniques très spécifiques, on amène des formateurs qui vont apprendre aux conducteurs locaux à utiliser des machines. C'est une conduite à deux de plusieurs mois. Après, ils sont autonomes et ils ont fait l'intégralité du chantier », confie-t-il.
Entre recrutements et formations, le chantier a largement dynamisé l'emploi local. Mais il a aussi fait des déplacés économiques parmi les agriculteurs, les pêcheurs ou encore les sableurs. Selon la NHPC, environ un millier de personnes ont été affectées par le chantier de Nachtigal. La plupart étaient installées sur les rives du fleuve Sanaga, où a été bâti le barrage censé alimenter la future centrale hydro-électrique. Sa mise en service est prévue en 2024.