En République démocratique du Congo (RDC), une ONG dénonce une gouvernance budgétaire sur fond de « scandale et record historique des pratiques de dépassement budgétaire ». L'Observatoire de la dépense publique (Odep), une organisation de la société civile, a publié en effet un rapport dans lequel elle tire la sonnette d'alarme.
En RDC, dans l'exécution de la loi de finances de 2022, 22 ministères et 7 institutions publiques, dont la Cour des comptes, ont effectué des dépassements au détriment d'autres secteurs qui ont vu leurs crédits non libérés. « Trop, c'est trop », « Halte aux dépassements budgétaires », explique dans son rapport Florimond Muteba, le président du conseil d'administration de l'Odep.
« Une généralisation qui inspire des soupçons de détournement et de corruption »
« Quand on voit l'évolution de ces nouvelles pratiques... En 2021, le dépassement budgétaire était signalé dans 12 ministères et institutions, aujourd'hui, ils sont 30, ça s'est aggravé, explique-t-il au micro de notre correspondant, Pascal Mulegwa. C'est un cancer métastasé, il a atteint pratiquement tous les corps, y compris même des institutions comme le Parlement. »
Florimond Muteba détaille : « L'Assemblée nationale est à 145%, le Sénat 184%, la présidence est à 190%, le ministère du Budget est à 335%, les Finances à 182%, une généralisation qui inspire des soupçons de détournement et de corruption. L'indiscipline budgétaire, la non-crédibilité du budget, ça veut dire aussi que le Parlement ne fait pas son travail. Le Parlement est l'autorité budgétaire, le Parlement doit suivre l'exécution du budget, sanctionner quand il le faut. »
Il conclut : « Trop c'est trop, on va de mal en pis. Par exemple, là, on demande au président de la République d'organiser un forum national sur la fragilité du budget. Il faut qu'on corrige ça. En réalité, ce sont des crimes qui ont des conséquences au niveau de l'exécution globale du budget. »