Congo-Kinshasa: Quand le pape François se retirera ...

Agé de près de quatre-vingt-dix ans et de plus en plus fatigué, le souverain pontife ne cache plus sa volonté de prendre sa retraite afin de vivre sereinement la dernière partie de sa vie, tout comme l'a fait son prédécesseur, le pape Benoît XVI. Une réalité très humaine qui soulève de multiples problèmes au coeur de la Cité du Vatican, à Rome, et qui génère, de façon discrète mais bien réelle, un débat de fond sur l'avenir de l'Eglise catholique.

Gouvernée jusqu'à une date récente par des prélats européens en général, italiens en particulier, l'Eglise qui avait confié pour la première fois de sa longue, très longue histoire la direction de sa gouvernance à un cardinal venu du Tiers monde va devoir, en effet, franchir un nouveau pas en avant en tenant compte du fait que les nations dites du Tiers monde sont de plus en plus présentes en son sein et que de ce fait, il lui faut réorganiser ses plus hautes instances. Un débat interne qui se déroule dans la discrétion, le silence au coeur du Vatican mais qui est bien réel et qui devrait déboucher à plus ou moins court terme sur une mutation historique avec l'élection par le Conclave d'un pape issu du vaste continent africain.

Si la plupart des observateurs du Vatican en doutent, tous reconnaissent aujourd'hui que la communauté africaine est en réalité la plus importante de l'Eglise catholique avec, d'une part, le plus grand nombre de croyants à l'échelle mondiale et, d'autre part, une présence majeure de ses prêtres au sein des paroisses et des séminaires de la vieille Europe. Avec aussi et peut-être surtout une affirmation de sa réalité dont le récent refus des prélats africains d'appliquer la décision « Fiducia supplicans » du pape François qui autorise les prêtres à bénir les couples du même sexe donne aujourd'hui une idée précise.

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Si le doute règne officiellement, à Rome et au Vatican, sur le fait que le successeur du pape François pourrait être africain, il apparaît normal à un nombre croissant de catholiques - dont nous faisons nous-mêmes partie - que l'Eglise serait bien avisée de confier sa gouvernance à un prélat de ce continent, tout comme elle l'a fait pour l'Amérique latine, il y a onze ans, en élisant le cardinal argentin Jorge Mario Bergoglio. Plusieurs d'entre eux, en effet, à commencer par le cardinal guinéen Robert Sarah qui a occupé jusqu'à très récemment de hautes fonctions dans la Cité du Vatican et par l'archevêque de Kinshasa, Mgr Fridolin Ambongo, qui préside l'assemblée des évêques du continent, ont pleinement aujourd'hui la capacité de gouverner l'Eglise.

Les mois à venir diront si l'Eglise a pris la juste mesure de l'apport que lui procurerait à l'échelle planétaire l'élection par le prochain Conclave d'un prélat africain mais on peut être certain que tôt ou tard, cet évènement historique se produira.

Affaire à suivre avec la plus grande attention dans le monde pour le moins instable et livré à la guerre des religions où nous vivons tous !

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