Afrique: Andry Rajoelina à Kigali - « La paix est le pilier d'un avenir radieux »

Invité à la commémoration du 30e anniversaire du génocide des Tutsi, avec son épouse, le président Rajoelina souligne l'importance de la paix sociale dans le développement. Le Rwanda en est une preuve concrète.

La paix. Un élément important et nécessaire au développement que Andry Rajoelina, président de la République, souligne dans ses mots de témoignage de solidarité avec le peuple rwandais, à l'occasion de la commémoration du 30e anniversaire du génocide des Tutsi.

Le locataire d'Iavoloha et son épouse ont pris part à l'événement commémoratif qui s'est déroulé, hier, à Kigali, capitale du Rwanda. Une participation à l'invitation de son homologue rwandais, Paul Kagame. En cette occasion, le couple présidentiel a fait partie des invités de marque ayant déposé des gerbes de fleurs au "Kigali Memorial". Soulignant l'ampleur du génocide, le chef de l'État en a profité pour mettre l'accent sur le caractère crucial de la paix sociale dans le développement.

"Je m'associe au peuple rwandais et au président Paul Kagame, au Kigali Memorial, en ce jour du 30e commémoration du génocide contre les Tutsi. Plus jamais un tel drame humain ne devrait se reproduire. Que la paix soit le pilier de l'avenir de nos peuples", sont les mots du président Rajoelina, publiés sur son compte du réseau social X, anciennement Twitter. Il renchérit sur sa page Facebook, en affirmant que "la paix et la fraternité sont les piliers pour construire un avenir radieux et digne pour nos descendants".

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Le Rwanda est un exemple concret pour bétonner les déclarations présidentielles. Le pays a réussi la prouesse de faire de son récent passé tragique un moteur pour la reconstruction nationale sur tous les plans, et une marche effrénée vers le développement. Après le génocide, ce sont ses performances socio-économiques qui résonnent actuellement au niveau mondial. Un tour de force qui résulte d'un travail de réconciliation et de justice, menant à une dynamique nationale. S'y conjugue une longue période de paix et de stabilité.

"La paix et la stabilité comme socle du développement", est une rhétorique fréquemment mise en avant par Andry Rajoelina. La commémoration du génocide des Tutsi, permettant de mettre en lumière l'exemple rwandais, a ainsi été une occasion, pour le Président, de le rappeler. Madagascar n'a eu de cesse de retourner à la case départ, en termes d'efforts de développement, à cause de l'absence d'une paix et d'une stabilité durables.

Relations fraternelles

Pour Madagascar, ce sont les querelles politiques qui sont les causes des crises cycliques qui ont jalonné son histoire postcoloniale. Des faits qui ont visiblement causé un traumatisme collectif. En conséquence, chaque élection d'envergure nationale ou événement politique majeur fait craindre une nouvelle crise. Souvent, cette hantise collective est attisée par les mots ou les actes malintentionnés. Néanmoins, la justice sociale est aussi la clé pour parvenir à une paix et une stabilité durables.

Comme indiqué précédemment, la cérémonie d'hier, commémore les 30 ans du génocide des Tutsi. Un drame qui a démarré le 7 avril 1994 et a duré cent jours. En cette occasion, le président Paul Kagame a invité les principales personnalités sur la scène internationale, à l'époque, à l'exemple de Bill Clinton, ancien président des États-Unis. La France, un des principaux partenaires du Rwanda durant les années 80 et au début des années 90, a été représentée par Stéphane Séjourné, son ministre des Affaires étrangères.

Hervé Berville, secrétaire d'État français à la mer, a accompagné le chef de la diplomatie française. Lui qui est né au Rwanda. Parmi les invités, a aussi figuré le Petr Pavel, président de la République tchèque. Cet État avait appelé à l'action pour mettre fin au génocide, en 1994. Charles Michel, président du Conseil de l'Union européenne, a également été présent à Kigali, hier. Les dignitaires africains ont été en nombre dans la liste des invités de marque à la commémoration d'hier.

Mohamed Ould Ghazouani, président de la Mauritanie et président en exercice de l'Union africaine, a représenté l'organisation continentale. Pareillement, pour Moussa Faki Mahamat, président de la Commission de l'Union africaine. Les présidents de l'Afrique du Sud, du Bénin, de l'Ouganda, du Nigeria, ou encore du Togo, de la Tanzanie et du Mozambique, ont également pris part à la cérémonie. De même que Abiy Ahmed Ali, Premier ministre de l'Éthiopie.

Selon les échos rapportés par des membres de la délégation conduite par le chef de l'État, à Kigali, l'invitation du couple présidentiel à la cérémonie commémorative d'hier "démontre les relations fraternelles et fortes entre Madagascar et le Rwanda". Un partenariat qui, à s'en tenir aux différentes rencontres au niveau ministériel et inter-Collectivités décentralisées (CTD), samedi, pourrait se concrétiser par un jumelage d'Antananarivo et de Kigali, mais aussi, des coopérations dans le domaine de l'agriculture et de l'éducation.

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