Madagascar: Assainissement d'Antananarivo - Le PDS mise sur l'application de la loi

Un « benchmarking ». C'est ce que les membres de la délégation présidentielle présents à Kigali, capitale du Rwanda, ont effectué samedi. Un exercice auquel s'est prêté Richard Ramanambitana, Président de la délégation spéciale (PDS) d'Antananarivo.

Le numéro Un de la capitale a eu une réunion de travail avec son homologue rwandais, Samuel Dusengiyumva, samedi. À l'issue de cette rencontre, le PDS Ramanambitana a réaffirmé un point : « L'application et le respect de la loi sont importants pour avancer dans le développement de la ville ». Il s'agit d'une conviction qu'il martèle depuis sa prise de fonction à la tête d'Antananarivo. Un sujet qu'il a notamment mis en avant durant l'opération coup de poing pour l'enlèvement des ordures en dix jours.

L'application de la loi et des sanctions qui y sont prévues contre les contrevenants est, en effet, l'un des points d'orgue de la rencontre entre Richard Ramanambitana et Samuel Dusengiyumva. Le PDS de la ville des mille remet ainsi sur la table l'application du Code municipal d'hygiène (CMH). Il cite à nouveau comme exemple les articles 14 et 15 du texte. Les règles à respecter par les ménages pour sortir les ordures ménagères et les sanctions qui sont prévues dans ces deux dispositions.

Adhésion

D'une superficie de 730 km² et avec plus de un million cinq cent mille habitants, Kigali est l'une des villes les plus propres d'Afrique. Ce qui explique pourquoi l'expérience et l'expertise de ses dirigeants sont sollicitées. Un autre point important dont manque grandement Antananarivo a aussi été discuté samedi. Celui relatif à l'éducation citoyenne, le respect des règles par ces derniers et l'adhésion citoyenne aux initiatives et décisions municipales.

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La non-application de la loi pourrait être une des causes de l'anarchie qui règne dans la capitale. Par exemple, les arbres et palmiers qui se trouvent hors des jardins protégés par des grilles, sur l'avenue de l'indépendance, servent de toilettes à ciel ouvert même en milieu de journée. Les responsables des immondices qui jonchent les trottoirs de la principale artère de la capitale s'y soulagent sans crainte. Pourtant, le palais de la ville est juste à quelques mètres.

De même pour les constructions illicites, souvent au détriment des infrastructures, des biens et des domaines publics. Les inondations dans plusieurs quartiers en sont une des conséquences. Puisque les canaux d'évacuation sont obstrués par des édifices illicites. De prime abord, aucun responsable n'a pipé mot pour arrêter les chantiers illicites dès leur démarrage. De même pour les marchands de rue. Les responsables ne réagissent que lorsque la déferlante de vendeurs à la sauvette est incontrôlable.

Face à l'anarchie qui a régné depuis plusieurs années, reprendre la main sur la situation pourrait nécessiter une volonté et une intransigeance inébranlable, voire une certaine sévérité. Cependant, comme le souligne le maire de Kigali, leadership et l'exemplarité des dirigeants comptent également pour beaucoup dans l'adhésion citoyenne à ses initiatives et décisions. « Il faut aussi donner aux gens l'occasion de dire ce qu'ils veulent et ce qu'ils estiment faisable au niveau local », ajoute-t-il.

Le premier magistrat de la capitale rwandaise souligne également l'importance de l'évaluation et de la compréhension des effets et des résultats des actions et décisions entreprises par les autorités locales. Cela favorise «une adhésion naturelle et sans contraintes» de la population aux projets lancés.

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