Afrique: La fracture numérique, obstacle au développement de l'Afrique

Le deuxième Internet Governance Forum (IGF), qui s'est déroulé en parallèle avec la quatrième conférence internationale des Petits États Insulaires en Développement (PEID), s'est tenu la semaine dernière à Antigua-et Barbuda. Invité à participer à cet événement organisé par la Caribbean Telecommunications Union, Mahen Busgopaul, responsable du Mauritius IGF, est d'avis que la fracture numérique demeure la barrière principale au développement du continent africain.

«L'Afrique se trouve à un tournant décisif. Avec certaines des économies les plus dynamiques du monde et une jeunesse avide d'innovation et de leadership, le potentiel de croissance est grand. Cependant, la fracture numérique demeure un frein majeur à cette progression. L'Afrique est considérée comme la région la moins connectée car 60 % de sa population ne sont pas connectés à l'Internet», soutient le responsable d'IGF Mauritius. Cette situation, dit Mahen Busgopaul, est due au manque d'accès à l'Internet, des coûts élevés et l'absence de formation pour développer les compétences.

Quoique la situation puisse être différente à Maurice, il est quand même d'avis que l'inclusion numérique est essentielle pour une croissance soutenue et pour assurer que la population tire profit des avancements technologiques. Présentant l'inclusion numérique comme une nécessité socioéconomique pour l'Afrique et Maurice, il avance que celle-ci a le pouvoir de libérer le potentiel des populations, favoriser une croissance inclusive et bâtir des sociétés résilientes et prospères pour l'avenir.

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Pour Mahen Busgopaul, bien que les avantages de l'inclusion numérique soient indéniables, des obstacles freinent cette avancée. La croissance de l'utilisation d'Internet, dit-il, a favorisé l'émergence de la propagation massive de la désinformation, de la mésinformation et des discours de haine, les violations de données et la hausse de la cybercriminalité.

Les défis à surmonter, ajoute-t-il, comprennent les manquements en infrastructures, les coûts élevés de la connectivité, les lacunes en matière de compétences numériques et les inégalités socioéconomiques. Pour remédier à ces lacunes en Afrique et à Maurice, il prône des investissements dans les infrastructures grâce à des partenariats public-privé. Selon lui, des efforts doivent être déployés pour réduire le coût des services et des équipements numériques afin de les rendre accessibles à tous. Mahen Busgopaul croit qu'il est également essentiel d'offrir des programmes de formation et d'éducation pour améliorer les compétences numériques.

Le deuxième forum d'IGF s'appuie sur le travail fondateur du premier IGF tenu virtuellement en 2022. L'objectif de ce forum est de renforcer le dialogue et la coopération entre les PEID dans le domaine de la gouvernance de l'Internet, des politiques Internet et de l'économie numérique. Cet événement vise aussi à apprendre des expériences collectives et des défis des PEID en vue de favoriser un avenir numérique plus inclusif, résilient et durable.

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