Soudan: Guerre - Le Conseil de sécurité de l'ONU dénonce la faillite des négociations

Une semaine à peine après avoir réclamé un cessez-le-feu, inquiets des conséquences qu'aura un siège prolongé d'el-Fasher au Soudan, les ambassadeurs du Conseil de sécurité se sont fait briefer sur les dernières avancées de cette guerre qui oppose le général al-Burhan à son ancien adjoint devenu rival le général Daglo.

À la table du Conseil, l'assistante du secrétaire général à l'Afrique a redit la faillite des négociations pour enrayer l'escalade de la violence qui paralyse le Soudan. Les combats se sont intensifiés autour de Khartoum, des régions Kordofan et Gezira. Partout, le respect des droits humains régresse. Et l'ONU condamne précisément l'attaque de l'hôpital au sud d'el-Fasher, par les Forces de soutien rapide (FSR) du général Daglo dit Hemedti, il y a 10 jours. C'était le principal centre hospitalier vers lequel les civils pouvaient se tourner.

Filippo Grandi, Haut-Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, s'est rendu au Soudan du Sud pour rencontrer des civils qui ont fui le Soudan voisin. « À Kosti, j'ai rencontré des personnes récemment déplacées de Kordofan, où la guerre du Soudan fait rage, terrorisant les civils et les obligeant à fuir. Leurs récits de violence et d'abus sont des témoignages douloureux du mépris total des règles de la guerre par les parties à ce conflit », a-t-il déclaré sur son compte X ce 18 juin.

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In Kosti I met with people recently displaced from Kordofan, where the Sudan war is raging, terrorizing and compelling civilians to flee.Their stories of violence and abuse were painful testimonies to the utter disregard for the rules of war by the parties to this conflict. pic.twitter.com/PIAlSHxp5H-- Filippo Grandi (@FilippoGrandi) June 18, 2024

Au-delà du constat d'enlisement, l'ambassadeur soudanais a profité de la réunion pour accuser en toutes lettres les Émirats arabes unis de la poursuite de la guerre dans son pays - en soutenant les FSR, les armant et en envoyant des mercenaires déjà présents au Sahel, selon lui.

Le Soudan avait demandé il y a deux mois une réunion d'urgence du Conseil sur ces accusations, mais sa requête n'avait pas été entendue. De son côté, l'ambassadeur émirati a rejeté en bloc ces accusations qu'il a qualifiées de « ridicules ». L'ONU espère voir des avancées lors de la retraite pour les médiateurs à ce conflit qui se tiendra à Djibouti le mois prochain.

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