En Tunisie, c'est ce 27 septembre 2024 que l'Assemblée va examiner le projet d'amendement de la loi électorale. Objectif : dessaisir le tribunal administratif de sa possibilité d'invalider le scrutin présidentiel du 6 octobre.
Il y avait un risque que ce soit le cas, l'élection étant d'ores et déjà entachée d'irrégularités, plusieurs candidats n'ayant pas pu concourir alors que la justice les autorisait à le faire. C'est dans ce contexte tendu que Zouhaïr Maghzaoui poursuit sa campagne. Il s'agit du seul candidat en liberté qui fait face à Kaïs Saïed, le président sortant. L'autre prétendant à Carthage, Ayachi Zammel a été emprisonné pour de supposés faux parrainages.
Il occupe le terrain. Alors que le chef de l'État tunisien quitte peu le palais présidentiel (Palais de Carthage) et qu'Ayachi Zammel, le deuxième candidat au scrutin du 6 octobre 2024 a été placé en détention pour des accusations de falsifications de parrainages, Zouhaïr Maghzaoui, lui, ne s'arrête plus. « On va se rendre dans toutes les régions de Tunisie dans le cadre de notre campagne afin de faire connaître notre programme, promet-il. On le fait malgré les difficultés et malgré le climat mauvais qui souffle sur cette campagne ».
Longtemps fervent soutien de Kaïs Saïed dont il fait partie des rares à avoir eu l'oreille, Zouhaïr Maghzaoui assure désormais que le divorce est consommé avec celui qui dirige la Tunisie depuis 2019.
« Cette élection n'est pas une affaire réglée contrairement à ce qu'on veut nous faire croire »
Cet ancien professeur de mathématiques, député et secrétaire général d'un parti nationaliste arabe, multiplie désormais les critiques envers Kaïs Saïed, espérant rallier les déçus de sa politique. « Si les Tunisiens vont voter en masse le 6 octobre, les résultats seront différents de ce qu'on croit, assure-t-il. Ce n'est pas une affaire réglée contrairement à ce qu'on veut nous faire croire. Quand on a confiance en soi et dans les élections, on n'agit pas de la sorte. Quand on a confiance en soi et en son peuple, on ne fait pas ça ».
Tournée des cafés, des marchés.... Conscient de la colère sociale qui gronde en Tunisie, Zouhaïr Maghzaoui entend mettre à profit sa campagne pour aller en priorité à la rencontre des Tunisiens les plus déshérités.
Pour rappel, l'un des trois autres candidats à la présidentielle en Tunisie, Ayachi Zammel, a été condamné le 18 septembre 2024 à 20 mois de prison pour des accusations liées à des falsifications de parrainages, puis à 6 mois supplémentaires le 25 septembre. Mais il reste en lice pour les élections, selon l'un de ses avocats.
Le président sortant, Kaïs Saied, 66 ans, élu démocratiquement en 2019, est, lui, accusé de dérive autoritaire depuis qu'il s'est octroyé les pleins pouvoirs le 25 juillet 2021.