Le Tchad est entré, ce samedi 7 décembre, dans la campagne pour les élections législatives, communales et provinciales du 29 décembre 2024. C'est l'ultime étape de la transition entamée en 2021 après la mort de l'ancien président Idris Deby. Dans 21 jours, les Tchadiens se rendront aux urnes pour élire leurs députés, leurs maires et leurs représentants locaux.
C'est sur la pelouse d'un stade Paris-Congo plein à craquer que le Mouvement patriotique du salut (MPS) a choisi de présenter ses près de 3 000 candidats aux élections législatives, provinciales et communales. Tout comme les milliers de sympathisants présents ce samedi après midi, tous brandissent fièrement les couleurs jaune et bleu de leur parti. Pour Sénoussi Hassana Abdoulaye, candidat aux provinciales de la commune centrale de Ndjamena, il y a « beaucoup de plaisir à être présent. Servir notre pays notre parti et à postuler légitimement aux élections provinciales de la ville. »
« Il faut attendre une semaine avant de juger »
Pour ce top départ, organisé en 48 heures, le MPS a sorti les grands moyens. Pourtant, aucun signe de ce début de campagne dans les rues de la capitale. Pour Hassan Sylla Bakary, le président du comité d'organisation du meeting, il est encore tôt pour s'en inquiéter : « C'est le premier jour, c'est à partir de maintenant qu'ils vont ouvrir les bureaux donc il faut attendre une semaine avant de juger. »
C'est la première fois que le Tchad organise simultanément des élections législatives, provinciales et communales. Pourtant, quinze partis d'opposition jugent le scrutin non démocratique et boycottent les élections. Selon Issa Doubragne, porte-parole du MPS et de sa campagne, « le boycott est l'expression de la démarcation. On respecte leur choix. »
Dans deux jours, 23 chefs de missions, chargés d'organiser la campagne du MPS, seront déployés sur l'ensemble du territoire et dans les quatre zones de la diaspora tchadienne.
Un début de campagne sans presse en ligne
Ce fut une journée sans presse en ligne au Tchad, ce 7 décembre, jour d'ouverture de la campagne pour les législatives du 29 décembre. Une quarantaine de sites d'information ont stoppé jusqu'à lundi toute diffusion à l'appel de l'Association des médias en ligne du Tchad (Amet). Celle-ci proteste contre la décision de la Haute autorité des médias audiovisuels (Hama) d'interdire aux sites d'information de produire des contenus audiovisuels sans autorisation préalable. Une décision contraire à la loi et à la liberté d'informer, estime l'association des médias en ligne du Tchad.
C'est une décision illégale...