Sénégal: Mbaye Sylla Khouma - « Il est permis d'espérer que la recherche agricole va retrouver son lustre d'antan »

Kaolack — Le président du conseil d'administration de l'Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), Mbaye Sylla Khouma, a rappelé, lundi, les « bouleversements » survenus dans le dispositif d'appui au développement agricole du pays, sous l'effet des plans d'ajustement structurels des années 1980, évoquant par la même occasion « des raisons d'espérer » que la recherche agricole puisse « retrouver son lustre d'antan avec la volonté affichée des nouvelles autorités ».

« Les plans d'ajustement structurels des années 1980 avaient totalement bouleversé le dispositif d'appui au développement agricole », a relevé M. Sylla, à l'ouverture de la neuvième édition du forum annuel du Collectif des opérateurs, producteurs et exportateurs de graines d'arachide (COPEGA), tenue à Kaolack (centre).

Il faisait notamment allusion à « la suppression d'organes de vulgarisation, comme la SODEVA [Société de développement et de vulgarisation agricole] et le service semencier, la baisse drastique des moyens alloués à la recherche, considérés comme des dépenses en lieu et place d'investissements ».

L'ISRA « en a particulièrement souffert par la perte de beaucoup de chercheurs et un patrimoine infrastructurel tombé dans un état de délabrement inquiétant », a-t-il relevé.

De son point de vue, la recherche agricole au Sénégal était intimement liée à l'arachide, une spéculation « essentielle pour l'économie sénégalaise » durant l'époque coloniale.

« Parler de l'ISRA, c'est, indubitablement, avoir une pensée immédiate pour l'arachide, car on pourrait dire que l'ISRA est né de l'arachide. En effet, après avoir affecté les centres de production des différentes cultures de rente aux territoires coloniaux, avec l'arachide au Sénégal, l'administration coloniale avait créé la première ferme-école à Bambey, en 1898, pour commencer la réflexion sur le développement des oléagineux. Elle deviendra plus tard la station expérimentale de l'arachide en 1913 », a-t-il rappelé.

Il souligne qu'au fil des décennies, « nos chercheurs ont forgé un institut qui incarne l'excellence en matière de recherche et d'innovation ». »Ils ont su répondre aux défis de chaque époque, travaillant sans relâche pour améliorer les pratiques agricoles, protéger nos ressources forestières et naturelles et contribuer à la sécurité alimentaire de notre pays », dit-il, ajoutant que l'ISRA a reçu comme instruction de travailler, « sur une période de deux ans, à la reconstitution du capital semencier ».

« Lors du Conseil des ministres du 14 août 2024, son Excellence Bassirou Diomaye Diakhar Faye avait rappelé l'urgence et l'importance de la reconstitution du capital semencier pour l'arachide, les céréales et toutes les spéculations horticoles », a-t-il poursuivi.

Il estime qu'il y a « des raisons d'espérer de voir la recherche agricole retrouver son lustre d'antan avec la volonté affichée des nouvelles autorités [...] ».

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