Soudan: Conflit - « Il ne peut y avoir de solution militaire à cette guerre »

29 Décembre 2024

La guerre civile au Soudan, qui a débuté en avril 2023, continue d'infliger des souffrances à la population du pays, alimentant une catastrophe humanitaire massive et ayant forcé plus de 12 millions de personnes à quitter leur foyer.

Ramtane Lamamra, l'Envoyé personnel du Secrétaire général de l'ONU pour le Soudan, s'est récemment rendu dans le pays, où il a rencontré des hauts responsables du gouvernement, notamment le général Abdel Fattah al-Burhan, président du Conseil souverain de transition du Soudan et commandant en chef des forces armées soudanaises.

L'envoyé de l'ONU s'est également rendu en Éthiopie, où il s'est entretenu dans la capitale, Addis-Abeba, avec une délégation des Forces de soutien rapide, qui s'affrontent depuis avril 2023 avec l'armée soudanaise.

Après son voyage, M. Lamamra a fait part de ses espoirs de voir le conflit se terminer et du rôle de l'ONU dans l'instauration de la paix dans le pays.

Cet entretien a été édité pour des raisons de clarté et de longueur

Quels progrès ont été réalisés au cours de votre visite ?

J'ai été encouragé par le soutien apporté à ma mission et par l'engagement des responsables soudanais à continuer de travailler avec l'ONU et à s'impliquer dans les efforts du Secrétaire général pour instaurer la paix au Soudan.

J'ai réitéré la ferme volonté des Nations Unies de ne ménager aucun effort pour aider le peuple soudanais à mettre fin à ses souffrances et à parvenir à la stabilité, à la sécurité, à la gouvernance démocratique et au développement.

Je ne peux pas parler d'avancée particulière à ce stade. Néanmoins, nous continuerons à travailler et à persévérer, dans le but de rapprocher les parties d'une solution pacifique. Notre seul et unique choix est de poursuivre nos efforts.

Vous avez rencontré des groupes de la société civile et des groupes de femmes. Qu'ont-ils partagé avec vous au cours de ces réunions ?

J'ai discuté avec des acteurs de la société civile soudanaise à plusieurs reprises. Il est impératif de discuter avec le large éventail de groupes politiques et civils soudanais, y compris les femmes, les jeunes et les voix marginalisées. Ce sont ces personnes qui continuent de souffrir du tribut intolérable de cette guerre déchirante.

Mettre fin aux souffrances insupportables des civils au Soudan reste une priorité urgente, tandis que nous nous efforçons en parallèle de mettre fin à la guerre et de lancer un processus politique inclusif et crédible.

Le conflit dure depuis 20 mois sans fin en vue, malgré les efforts continus de l'ONU et des organisations régionales. Que faut-il changer pour réaliser des progrès significatifs vers un cessez-le-feu ?

Il est temps de mettre fin à ce conflit, qui dure depuis trop longtemps, et aux souffrances du peuple soudanais. Tous les acteurs doivent placer les intérêts du peuple soudanais au premier plan et comprendre qu'il ne peut y avoir de solution militaire à cette guerre. C'est la leçon de l'histoire au Soudan et ailleurs.

Il faut un cessez-le-feu qui mette fin aux effusions de sang et ouvre la voie à un accord négocié et à un processus politique crédible et inclusif mené par le Soudan qui préserve l'unité du Soudan. Sinon, les répercussions de cette guerre seront graves pour le Soudan et toute la région.

Je ne peux personnellement pas me résigner à l'idée que le deuxième anniversaire du déclenchement de la guerre en avril prochain se produira et passera sans que toutes les parties concernées, y compris tous les acteurs mondiaux et régionaux influents, n'exercent une pression collective extraordinaire sur les parties belligérantes et leurs partisans respectifs pour donner sérieusement une chance à la paix.

Une pression aussi attendue depuis longtemps devrait également être dirigée contre les parties étrangères qui fournissent les armes et les équipements, qui alimentent les illusions militaires et les erreurs de calcul des acteurs, au détriment de la sagesse et de la valeur d'une solution pacifique préservant l'unité et l'intégrité territoriale ainsi que le bien-être du Soudan et de son peuple.

Je continuerai à dialoguer avec tous les acteurs concernés pour garantir que nous puissions avancer vers notre objectif commun. Nous devons tous faire de notre mieux. Le peuple soudanais ne mérite rien de moins.

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