Une équipe de techniciens conduite par le ministre en charge des Travaux publics, Richard Théodore Rafidison, a effectué tout récemment une descente pour constater de visu l'état d'avancement du projet présidentiel qui est l'autoroute reliant Antananarivo et Toamasina.
« Sur les 80 km de route à concrétiser avant la fin de l'année 2025, des travaux de terrassement ont été réalisés sur 40 km. Des couches de fondation ont été mises en place sur une partie de ce tronçon de route terrassée tandis que des couches de base sont effectuées sur une autre partie ». Le ministre de tutelle l'a évoqué lors d'une descente sur le chantier. En outre, il a fait savoir que les ouvrages nécessaires pour les prochaines étapes de construction de cette infrastructure routière d'une longueur totale de 260 km desservant la capitale et la ville de Betsimisaraka, sont déjà fin prêts.
Sous-traitants
Parlant du financement alloué pour la réalisation de ce projet présidentiel, dans le cadre de la première phase, soit un tronçon de 80 km, ce membre du gouvernement a souligné que la dépense est inscrite dans la loi de finances initiale 2025 au titre de ce son département ministériel. Il est à noter que l'entreprise égyptienne « Samcrete » est en charge de la concrétisation de cette infrastructure routière de grande envergure. Ces gros engins sont à pied d'oeuvre, pour ce faire. Dans la même foulée, « nous lui avons donné des instructions pour accélérer les travaux en la sollicitant à engager des entreprises sous-traitantes. Cet entrepreneur peut poursuivre les travaux même si l'on est en pleine saison de pluie étant donné que les conditions météorologiques lui permettent encore de le faire. L'objectif est de réaliser les travaux de construction de 80 km de route d'ici à la fin de l'année 2025 », a soulevé le ministre des Travaux publics, Richard Théodore Rafidison.
Nombreux avantages
Et lui d'ajouter que des négociations sont en cours avec les investisseurs potentiels et les autres partenaires techniques et financiers qui vont s'engager à prêter main forte le gouvernement pour la réalisation de la seconde phase du projet présidentiel, soit les 180 km de route restants. Il est à rappeler que le tracé initial de cette autoroute a été modifié pour éviter l'empiètement sur les habitations et les champs de culture des riverains. Le projet passera ainsi par la voie rapide de Tsarasaotra, Sabotsy Namehana, Ambohimanga Rova, Anjozorobe, Andaingo Ambatondrazaka et Toamasina, et ce en touchant trois régions à savoir, Analamanga, Alaotra Mangoro et Atsinanana.
Une fois réalisé, ce projet présidentiel va procurer de nombreux avantages pour le pays. À titre d'illustration, le trajet Tana-Toamasina sera réduit à 260 km et se fera en deux heures et demie si les usagers de la route doivent aujourd'hui parcourir près de 370 km sur la RN2 pour une durée de 8h à 10h, a-t-on appris. Une économie de carburants jusqu'à 40% constitue également un autre atout pour les emprunteurs de cette autoroute qui sera prévue praticable avant décembre 2027.
En dépit de tout cela, les organisations de la société civile ont manifesté leurs grandes préoccupations face à la construction de cette infrastructure routière visant à moderniser le pays, car cela pourrait sacrifier les communautés rurales et l'environnement. «Le tracé envisagé impacterait 195 ha de rizières et terres cultivées, 559 ha d'agroforesterie et 69 cours d'eau. Ceci va à l'encontre de la politique nationale visant l'autosuffisance agricole, et risque d'accroître le nombre de personnes vivant dans la pauvreté et la vulnérabilité, d'aggraver l'insécurité alimentaire, d'entraîner des migrations internes et d'aggraver des inégalités sociales déjà insupportables pour la population. Parlant de la protection des forêts et de la biodiversité, le même tracé envisagé menace directement la nouvelle aire protégée d'Anjozorobe Angavo et la Réserve de ressources naturelles du corridor Ankeniheny-Zahamena (CAZ) créée en 2015. Ces deux aires protégées abritent plus de 10% des forêts primaires de Madagascar. En outre, ce tracé fragmenterait irrévocablement le corridor CAZ, qui est l'un des principaux vestiges de la grande forêt autrefois présente dans tout l'Est du pays. Il entraînerait la perte directe de 1 490 ha de forêt primaire sauvage et irremplaçable, riche en espèces uniques au monde et menacées, comme l'Indri, le Propithèque couronné ou encore le Coua géant. Plus grave encore, cette autoroute risque à terme d'entraîner la destruction de kilomètres de forêt de part et d'autre », a-t-on communiqué.